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Otilia Del Carmen Puiggros : UQO - Université du Québec en Outaouais
Depuis le début du XXIe siècle, de nombreux projets miniers se développent en Équateur dans des zones à forte biodiversité, dont des aires protégées et le Parc national Yasuni, déclaré réserve de la biosphère par l’UNESCO en 1989. Des concessions minières comme le projet Mirador et le projet du parc Los Cedros se trouvent dans des écosystèmes riches en biodiversité où plusieurs espèces sont à haut risque d'extinction. Plusieurs forêts protégées ont plus de 50% de leur superficie totale concédée à des sociétés minières, pouvant atteindre 90% de l’aire protégée. On estime que 70% des concessions minières se trouvent dans des forêts riches en eau et en biodiversité. Les communautés qui habitent ces régions ont fait appel, sans grand succès, à la Cour Constitutionnelle afin de faire respecter les Droits de la nature, celle-ci étant sujet de droit selon l'article 71 de la Constitution. Dans cette communication, nous montrerons la localisation des projets miniers dans les aires protégées en mettant l’emphase sur les menaces à leur biodiversité et en soulignant les luttes des communautés. Nous questionnerons la portée réelle de la Loi Constitutionnelle sur les enjeux croisés de l’extractivisme et les droits de la nature en réfléchissant sur des avenues possibles pour la préservation de la biodiversité en tant que Bien Commun de l’Humanité.
L’extractivisme s’intensifie et se multiplie sous diverses formes partout sur la planète (Parks, 2021). Au Sud comme au Nord, attirer des capitaux pour les activités extractivistes est désormais au centre des plans de développement économique (Asselin, 2011; Beaucage, 2018) ou de relance économique visant à sortir de la crise profonde mise en évidence par la pandémie de Covid-19 (Dressler, 2021).
Le colloque veut analyser de manière critique les dynamiques de l’extractivisme et rendre visibles les alternatives à ce modèle, comme celles liées à une cosmovision ou ontologie politique (Escobar, 2012) fondées sur des relations harmonieuses entre humains et non humains. Diverses voix critiques s’expriment en faveur d’une sortie de l’extractivisme (postextractivisme) et d’autres conceptions du vivre-ensemble, et promeuvent des stratégies locales et transnationales de résistance contre les projets extractifs (Magaña, 2020; Roca et Perdomo, 2020; Svampa, 2019).
Le colloque se propose de faire un retour sur la notion d’origine de l’extractivisme, depuis les travaux pionniers des Sud-Américains Gudynas (2009), Svampa (2013) et Acosta (2013), pour en explorer de nouveaux sens et usages, comme l’extractivisme ontologique et épistémique (Grosfoguel, 2016). Chagnon et al. (2022) considèrent l’extractivisme comme concept englobant pour comprendre les processus découlant de l’accumulation contemporaine du capital à l’échelle globale et qui organise la vie humaine et non humaine en la conditionnant. Dans ce sens, en s’inspirant des travaux de Preston (2017) sur les travailleurs migrants temporaires, de Morris (2019; 2020) sur les réfugiés et de Wichterich (2020) sur les travailleuses du soin, le colloque souhaite réfléchir à l’application du concept d’extractivisme à des processus impliquant des « ressources humaines ». À cette fin, le colloque propose de penser l’extractivisme non plus au singulier mais au pluriel (« les extractivismes ») afin de rendre possible une multitude de perspectives autour du concept.
Objectifs du colloque
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