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Prononcer et transformer le monde : La matrice des utopies

JS

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Justin Sirois-Marcil : Lobe vert

Résumé de la communication

L’écoanxiété réfère à un phénomène qui ne fait pas consensus tant sur la définition que sur les stratégies et outils d’intervention pour aider les personnes affectées. De plus, ces mêmes personnes ne s’identifient pas toujours au terme d’écoanxiété.

Malgré les dissensus, un besoin criant d’imaginer et créer des avenirs meilleurs que ce à quoi les pires pronostics du GIEC nous destinent se fait sentir. À cet effet, une adaptation de la Matrice de la thérapie d’acceptation et d’engagement (Polk, Schoendorff, Webster et Olaz, 2017), un outil pouvant faciliter la praxis au sein des groupes, sera présentée.

Nous verrons les résultats et l’analyse d’un récit de pratique basé sur des ateliers semi-dirigés auprès de huit groupes ouverts dans des milieux communautaires et institutionnels hétérogènes. Environ 60 personnes ont prononcé les dystopies telles qu’iels les perçoivent et les manières de les endiguer, ainsi que les utopies et les moyens de les faire advenir.

Les ateliers furent des espaces d’expressions où la parole des personnes issues de différentes catégories sociales a pu être entendue. Elles se sont notamment exprimées au sujet des mondes qui provoquent et apaisent l’écoanxiété, un état émotionnel pour lequel ces groupes ont formulé leur propre définition.

Résumé du colloque

Les changements climatiques représentent l’un des plus gros défis auxquels l’humanité est confrontée au 21e siècle (IPCC, 2021; WHO, 2021). Les effets sociaux, environnementaux, sanitaires, économiques et politiques sont multiples et dévastateurs, et interpellent directement les intervenantes et intervenants sociaux qui travaillent de près avec les communautés les plus touchées par ces changements : « Les effets socioécologiques des changements climatiques se font sentir avec acuité sur les populations et les communautés les plus opprimées et les plus démunies » (Thésée et Carr, 2008, p. 15).

Ces effets socioécologiques pressent de plus en plus les intervenantes et intervenants sociaux à s’engager davantage face aux risques et catastrophes (Maltais et al., 2022; Maltais, 2003), dans la formation écosociale (Drolet et al., 2015), par des actions de prévention, d’écologisation des institutions sociales (Grandgeorge, 2022) et de politisation (Latour, 2021) dans les communautés territoriales (RQIIAC, Bernard et Michaud, 2020). D’ailleurs, il faut noter que les personnes œuvrant en travail social, notamment en action collective (Comeau, Bourque et Lachapelle, 2018; Lachapelle, 2017), se sont depuis longtemps engagées dans les luttes environnementales et pour la justice écosociale au Québec (Comeau, 2010), à l’échelle autant locale qu’internationale (Dominelli, 2018; Gonzalez-Hidalgo 2020).

Toutefois, bien que ces pratiques d’intervention écosociales foisonnent au Québec, elles demeurent trop peu documentées. Cela peut s’expliquer par le fait que les milieux du travail social universitaires et francophones ont tardé à développer ce champ de connaissances du travail « écosocial ». Considérant l’état embryonnaire de cet intérêt pour le travail écosocial, les connaissances sous-jacentes à la discipline du travail social n'ont pas encore été influencées par une pensée plus écosociale (Larocque, Roy et MacDonald, 2022; Varoch et Mickey, 2022; Jochems, Poisson et Létourneau, 2017), tout comme la formation n’a pas été influencée par l’écologie, et ce, malgré l’urgence climatique croissante. Cela est vrai pour les savoirs, la pédagogie et la pratique du travail social partout au Québec, comme dans le reste de la francophonie canadienne, où ces initiatives sont rarement évoquées.

Pour ce faire, il est indispensable de repenser la relation entre l’humain et la nature, et ce, au regard des fondements relationnels de la crise climatique (Rosa, 2018; Latour, 2021). Il convient alors d’interroger les types de récits, alternatifs ou existants mais mis sous silence, qui contribuent à décoloniser la nature et nouer avec elle une relation mutuelle (Tapia et Magnenat, 2020), basée sur des principes de réciprocité (Larocque, soumis) et de pensée plurivers (Escobar, 2018).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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