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Denis Jeffrey : Université Laval
On peut aborder le problème de la discipline en classe depuis diverses perspectives. Au Québec, la Loi de l’instruction publique appelle les enseignants à assurer la protection et la sécurité des élèves. Les enseignants ont un rôle de gardien de l’ordre scolaire et de la discipline dans leur classe ainsi que dans tous les espaces scolaires. De plus, une décision de justice de la Cour suprême du Canada les place en position d’autorité sur les élèves hors de l’école, même lorsqu’ils ne sont pas en fonction. Mais comment les enseignants peuvent-ils arriver à prévenir et à traiter les inconduites des élèves? Sont-ils habilités à traiter la violence des élèves? Quels sont les procédures pour intervenir auprès d’un élève récalcitrant? Comment peuvent-ils se protéger eux-mêmes contre la violence des élèves? Voilà quelques questions à la source de la réflexion que nous présenterons en introduction de ce colloque.
Bien que les interventions punitives aient démontré leur inefficacité, notamment auprès des enfants et des adolescents présentant des difficultés récurrentes de comportement, elles ont toujours tendance à être surutilisées, par exemple en contexte scolaire (Bernier et al., 2022; Skrivan et Benoit, 2022). Afin de gérer autrement les comportements perturbateurs à l’origine de ces pratiques punitives, de permettre une ouverture sur l’altérité et la reconnaissance d’autrui (Honneth, 2002; Levinas, 1982) et de favoriser le (ré)engagement des élèves, il semble pertinent d’envisager une prise en charge différente permettant la réaffirmation de la règle et offrant le cadre nécessaire au développement psychosocial des enfants et des adolescents. En effet, les interventions à but éducatif sont reconnues comme étant plus efficaces (Gaudreau, 2011; Prairat, 2021), notamment par la création (ou la réactivation) du lien social et des relations positives qu’elles permettent (Baker, 2005), mais aussi d’un rapport brisant une certaine verticalité pour ouvrir le questionnement d’un besoin de défier les règles. Il sera donc question d’ouvrir la réflexion sur la sanction éducative (Maheu, 2017; Prairat, 2021), la justice réparatrice (Walgraves, 1995), la médiation pénale ou encore les approches expérientielles (interventions par la nature et l’aventure, séjours de rupture) amenant à une prise en charge alternative aux pratiques punitives, mais aussi d’en saisir les enjeux, en considérant les apports des différents champs connexes à l’éducation, comme la philosophie, la psychologie du développement, la sociologie ou encore le droit.
Titre du colloque :