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Protocoles de consultation et de consentement et l’autodétermination des peuples autochtones à l’Amazonie brésilienne: Le droit de consentir à l'exploitation minière et à d'autres

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Martha Priscylla Monteiro Joca Martins

Résumé de la communication

Au Brésil, les peuples et communautés autochtones ont élaboré leurs protocoles sur la base de leur droit à l’autodétermination établissant la manière dont ils souhaitent être consultés et les conditions requises pour donner ou refuser leur consentement. Cette recherche est centrée sur une étude de l’application de ces protocoles à l’Amazonie brésilienne, avec un accent sur l’application du protocole du peuple Yudjá/Juruna (Pará) à travers d’une analyse documentaire et une recherche secondaire exploratoire. Le peuple autochtone Juruna a souffert des impacts sociaux et environnementaux du barrage de Belo Monte tout en étant affecté par un projet d'exploitation aurifère proposé par une société canadienne. Une décision juridique a déterminé que le peuple Juruna devait être consulté selon les normes établies dans leur protocole. Plus tard, le gouvernement fédéral, le gouvernement de l’état du Pará et la compagnie minière ont affirmé avoir consulté les Juruna. Mais les Yudjá affirment qu'ils n'ont pas été consultés de manière significative et revendiquent leur droit d’être consulté et de consentir à un tel projet. Les résultats révèlent que les principales difficultés liées à la reconnaissance et à l’application des protocoles concernent les défis de la mise en œuvre du consentement libre, préalable et éclairé (CLPE). Ce cas révèle des facteurs juridico-politiques liés lorsqu'il s'agit de projets d'extraction qui se heurtent à la résistance des peuples autochtones.

Résumé du colloque

L’extractivisme s’intensifie et se multiplie sous diverses formes partout sur la planète (Parks, 2021). Au Sud comme au Nord, attirer des capitaux pour les activités extractivistes est désormais au centre des plans de développement économique (Asselin, 2011; Beaucage, 2018) ou de relance économique visant à sortir de la crise profonde mise en évidence par la pandémie de Covid-19 (Dressler, 2021).

Le colloque veut analyser de manière critique les dynamiques de l’extractivisme et rendre visibles les alternatives à ce modèle, comme celles liées à une cosmovision ou ontologie politique (Escobar, 2012) fondées sur des relations harmonieuses entre humains et non humains. Diverses voix critiques s’expriment en faveur d’une sortie de l’extractivisme (postextractivisme) et d’autres conceptions du vivre-ensemble, et promeuvent des stratégies locales et transnationales de résistance contre les projets extractifs (Magaña, 2020; Roca et Perdomo, 2020; Svampa, 2019).

Le colloque se propose de faire un retour sur la notion d’origine de l’extractivisme, depuis les travaux pionniers des Sud-Américains Gudynas (2009), Svampa (2013) et Acosta (2013), pour en explorer de nouveaux sens et usages, comme l’extractivisme ontologique et épistémique (Grosfoguel, 2016). Chagnon et al. (2022) considèrent l’extractivisme comme concept englobant pour comprendre les processus découlant de l’accumulation contemporaine du capital à l’échelle globale et qui organise la vie humaine et non humaine en la conditionnant. Dans ce sens, en s’inspirant des travaux de Preston (2017) sur les travailleurs migrants temporaires, de Morris (2019; 2020) sur les réfugiés et de Wichterich (2020) sur les travailleuses du soin, le colloque souhaite réfléchir à l’application du concept d’extractivisme à des processus impliquant des « ressources humaines ». À cette fin, le colloque propose de penser l’extractivisme non plus au singulier mais au pluriel (« les extractivismes ») afin de rendre possible une multitude de perspectives autour du concept.

Objectifs du colloque

  1. Analyser de façon critique et constructive le concept d’extractivisme pour voir ses angles morts ou limitations et proposer de nouvelles facettes ou utilisations théoriques;
  2. Analyser de façon critique les processus d’extraction des ressources naturelles et humaines afin d’en comprendre les dynamiques;
  3. Explorer les réponses aux extractivismes qui émergent à proximité des sites d’extraction ou en réaction aux projets extractifs;
  4. Examiner et discuter les différentes mutations de l’extractivisme contemporain dans les discours politiques.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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