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Bertrand Bocquet : Université de Lille
Les Boutiques des sciences (Bds) sont des dispositifs qui permettent d’accéder à la demande sociale de recherche et dont la principale valeur ajoutée est la traduction de problématiques souvent transversales en questions de recherche. La spécificité de la Bds de l’Université de Lille (Bds U.Lille) consiste en l’accompagnement des projets en mobilisant les méthodologies de recherche-action participative (RAP).
La Bds U.Lille opère un programme de recherche en partenariat avec l’Ademe, agence nationale dédiée à la transition écologique. L’intérêt de ce partenariat est de pouvoir identifier les problématiques de transitons écologiques dans les collectivités territoriales et de pouvoir les accompagner dans une démarche de recherche. De fait, les processus de RAP sont particulièrement bien adaptés à cette configuration, de part leur caractère situé et la possibilité de traiter la question de façon transdisciplinaire.
À l’issue d’un processus d’enquête et de stimulation de la demande de recherche, trois projets sur trois territoires différents sont en train d’être développés : création d’un comité écologique local comme vecteur d’émergence de problématiques liées aux transitions; conditions de réhabilitation d’une voie ferrée en friche pour des mobilités alternatives; co-construction d’un lieu d’accueil pour des sans-abris. Cette communication présente l’analyse d'une enquête effectuée auprès de 4 000 communes de la région des Hauts-de-France et les études de cas citées plus hauts.
Les défis contemporains de gouvernance qui affligent les États-nations, dont les crises sanitaire et climatique, requièrent des gouvernements qu’ils interviennent rapidement et efficacement sur leur territoire, afin d’éviter d’irrémédiables catastrophes humaines, économiques, sociales et écologiques. En plus d’interpeller l’ensemble des paliers de gouvernements et de nécessiter la participation de nombreuses parties prenantes et d’acteurs de la société civile, ces wicked problems (Bradford, 2005) surviennent alors que s’opèrent d’importantes transformations dans les politiques et les pratiques de gestion des États centraux et subnationaux.
Les conséquences attribuables aux pratiques du nouveau management public (NMP) ont amené certains gouvernements à adopter des stratégies d’adaptation ou de recalibrage de l’action publique (Levy, 2010). Si certains auteurs font état d’une véritable ère de réforme post-NMP, une récente analyse documentaire démontre que le concept serait possiblement en voie d’être institutionnalisé. Toutefois, deux conceptions du post-NMP prévalent : celle de l’État pilote de la nouvelle gouvernance publique, et celle de l’« État fort » (Reiter et Klenk, 2019). De nombreuses transformations globales et sectorielles sont donc en cours.
Cependant, la manière dont ces nouvelles politiques et pratiques de gestion favorisent la création d’innovations qui contribuent à surmonter les différentes crises contemporaines de gestion publique reste à déterminer et soulève plusieurs questions. Les innovations sociales et environnementales à travers les territoires sont-elles une réaffirmation de l’État? Au contraire, ces innovations ne témoignent-elles pas d’un évitement de l’État central? Comment l’adoption de certaines approches d’intervention innovantes ou le déploiement des nouveaux outils de gestion et de prise de décision peuvent-ils contribuer à surmonter ces défis ou, au contraire, peuvent-ils constituer une menace à la sauvegarde de l’intérêt public?
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