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Marie-Hélène Forget : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Au Québec, le programme d’anglais intensif offert en 6e année du primaire offre l’occasion d’explorer les retombées potentielles de la didactique intégrée des langues. Parallèlement, les modèles d’enseignement par les genres en classe de langues première et seconde sont connus pour leurs bénéfices. L’objectif éducatif étant de doter les élèves de solides compétences scripturales en français et en anglais, notre recherche a proposé à deux enseignantes, l’une titulaire, l’autre d’anglais langue seconde, la conception et la mise à l’essai d’une séquence didactique visant la découverte des caractéristiques d’un genre, la recommandation d’une œuvre narrative, en contexte de coenseignement bilingue. L’analyse inductive descriptive des textes produits par ces élèves à la suite de la séquence montre la présence des caractéristiques génériques enseignées, ce qui permet de penser que ceux-ci ont construit une bonne compréhension du genre. Lors de cette communication, nous présenterons les procédés de prise de contact avec le lectorat, de résumés suspensifs de l’œuvre recommandée ainsi que de mise en valeur des qualités de l’œuvre dans les textes autant en français qu’en anglais.
Depuis quelques années, on assiste à l’émergence d’un « tournant plurilingue » mondial dans différents champs de recherche (May, 2014). En éducation et en didactique des langues, ce tournant se traduit par un intérêt porté au développement d’une multicompétence langagière (Cook et Wei, 2016), ou compétence plurilingue (CECR, 2001), où l’accent est mis sur l’intégration et l’utilisation fluide et dynamique des ressources du répertoire des apprenant·es selon les besoins de communication. À cet effet, des approches pédagogiques plurilingues retiennent de plus en plus l’attention des chercheur·ses.
Les approches plurilingues peuvent par exemple inclure des activités d’éveil aux langues, qui impliquent la mise en contact avec différentes langues pour favoriser une ouverture à la diversité linguistique et les comparaisons métalinguistiques entre les langues. Ces approches englobent aussi la didactique intégrée des langues qui, par un décloisonnement des différentes langues de l’école (au Québec, l’anglais et le français), a pour but de favoriser les apprentissages langagiers. Dans la même veine, dans les pédagogies de translanguaging, qui visent à créer des espaces d’apprentissage signifiants, les apprenant·es sont encouragés à mobiliser leurs ressources langagières et soutenus dans ce processus. L’utilisation de la littérature de jeunesse et la production de textes bi/plurilingues, entre autres, constituent des pistes intéressantes pour mettre de l’avant ces approches.
Dans les milieux éducatifs, la mise en place de ces approches est modulée par les contextes sociolinguistiques (milieux pluriethniques, francophones minoritaires, anglophones québécois, etc.). Par ailleurs, l’adhésion des acteur·trices scolaires à ces approches est susceptible de dépendre de leurs représentations du plurilinguisme. Ce colloque constitue donc l’occasion d’explorer, selon des regards croisés, ces différentes questions.
Titre du colloque :