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Camila Patino : Université Concordia
De plus en plus, les municipalités avec l’aide d’organismes communautaires, cherchent à intégrer la participation citoyenne à la gestion durable des eaux pluviales (GDEP) par l’implantationd’infrastructures vertes. En ce sens, cette recherche s’intéresse au cas montréalais des Ruelles Vertes et des Ruelles Bleues-Vertes. Deux programmes distincts où l’on cherche à intégrer les citoyen.ne.s au verdissement urbain et à la GDEP à même les ruelles. Notre étude révèle que la participation citoyenne semble être une tendance très valorisée politiquement mais contradictoire si l’on s’attarde aux expériences des certains citoyens mobilisés. À partir d’une perspective ethnographique et des entrevues menées auprès de citoyens impliqués, il est palpable qu’ils cherchent des solutions aux problèmes expérimentés concernant les eaux de pluie, mais que les mécanismes de suivi et de communication venant de l’appareil municipal semblent être une limite majeurequi les amènent à redoubler leurs efforts, voire à se démobiliser. Ainsi, les ambitions politiques à la participation citoyenne semblent dépasser les structures et ressource qui sont réellement mises à disposition pour rendre cette mobilisation pérenne, efficace et accessible. Ainsi, nous cherchons à mettre en discussion la nuance entre la délégation des responsabilités aux citoyen.ne.s et l’offre d’outils facilitant l’apport des efforts citoyens à l’amélioration de leurs milieux de vie.
Devant l’augmentation des précipitations liées aux changements climatiques et à la saturation des réseaux de conduites d’eau, les villes s’intéressent de plus en plus aux infrastructures vertes pour capter et filtrer les eaux pluviales. Les infrastructures vertes — définies comme un ensemble d’espaces naturels, semi-naturels et d’aménagements végétalisés fournissant de multiples bénéfices aux sociétés humaines — permettent la rétention, la filtration et l’infiltration des eaux pluviales, en plus de la réduction des îlots de chaleur et de nombreux bénéfices sociaux, sanitaires et économiques (p. ex., en augmentant la valeur foncière). Le caractère multifonctionnel des infrastructures vertes, souvent mis de l’avant par les municipalités, est en réalité un élément complexe à prendre en compte dans la planification, car c’est un objectif insaisissable. À cela s’ajoutent des défis de gouvernance comme la segmentation institutionnelle, la coordination des territoires et échelles d’intervention, ou le financement et le partage des responsabilités entre acteurs publics et privés, et citoyens, en plus des enjeux sociaux de distribution équitable, de participation citoyenne dans les choix et de possibles incidences négatives, comme la gentrification verte. Par conséquent, une diversité de savoirs et de pratiques sont impliqués, et leur coordination dans une planification stratégique et participative pose des défis, d’autant plus dans les structures municipales actuelles. Une planification stratégique des infrastructures vertes requiert une approche intersectorielle pour gérer plus efficacement les conflits et compromis, et pour conduire à des processus décisionnels plus équitables.
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