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Réflexions sur les apports de la méthode photovoix pour mettre à jours les enjeux de santé mentale

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Olivier Ferlatte : Université de Montréal

Résumé de la communication

Au cours des deux dernières décennies, la recherche photovoix a gagné en importance, fournissant des informations riches en contexte grâce aux photographies et aux récits des participant.e.s. Cette présentation a pour objectif de partager des réflexions issues de trois projets de recherche utilisant la méthode photovoix et portant sur des enjeux de santé mentale (soit l’impacts de la covid sur la santé mentale des ainés, le suicide chez les adultes LGBTQ+ et le cannabis et la santé mentale chez les jeunes LGBTQ+). Le photovoix peut être un catalyseur de sens et de profondeur qui permet de remettre en question les stéréotypes propres à la santé mentale. L’utilisation d’un médium visuel permet l’exploration d’aspects négligés et amène un éclairage unique et nuancé sur des enjeux complexes. Les photographies des participants permettent de mettre en lumière l’intersection et la performativité d’identités complexes. Le photovoix valorise la résilience des participants et permet de déconstruire les frontières entre chercheur.e.s et participant.e.s, en favorisant l’agentivité et l’empowerment des participant.e.s et des communautés auxquelles ils/elles appartiennent. Finalement, les photographies produites peuvent être mobilisées lors d’exposition afin de déstigmatiser les enjeux de santé mentale et de stimuler des conversations compatissantes sur les solutions possibles à la réduction des iniquités en santé mentale.

Résumé du colloque

Au Québec comme ailleurs, l’état de la santé psychologique des individus est préoccupant. Ce portrait s’est d’autant plus aggravé avec la pandémie de COVID-19 (Généreux et al., 2021), suscitant une prise de conscience collective quant aux enjeux de santé mentale. Ceux-ci peuvent nuire aux parcours d’apprentissage et entraver les possibilités d’accès à des emplois, formations ou projets de vie (Michaud et al., 2012; Supeno et Bourdon, 2017). Aussi, certains groupes de personnes, en raison de leurs caractéristiques et conditions de vie (p. ex., genre, statut socioéconomique, handicap, origine ethnique, accès aux services), se trouvent désavantagés, vulnérabilisés, notamment en matière de santé mentale (Alegria et al., 2018; Giguère et Hanfield, 2021). Ce désavantage se traduit par des phénomènes de marginalisation et de stigmatisation menaçant leur pleine participation à la société (Gaborean et al., 2018).

Plusieurs travaux soutiennent l’importance de s’intéresser aux liens entre les sources structurelles d’inégalités sociales et la santé mentale (Corbeil et Marchand, 2006). À cet égard, la recherche qualitative peut jouer un rôle significatif en permettant d’appréhender la complexité de l’interaction entre les inégalités sociales et les difficultés de santé mentale (Davidson et al., 2008; Joseph et al., 2009). Riche de sa diversité théorique et méthodologique, la recherche qualitative contribue à décrire, à comprendre et à théoriser, sous différents angles, des processus et des phénomènes complexes entourant la santé mentale, les inégalités et la justice sociale (Gewurtz et al., 2016). Les connaissances issues de ces recherches s’avèrent pertinentes, en permettant d’appréhender des phénomènes invisibles, de déconstruire des préjugés et d’aborder avec délicatesse des sujets tabous qui entourent la santé mentale et qui ont répercussions considérables pour les individus, leur entourage et la société.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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