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Refuser des soins psychiatriques, une vraie possibilité pour les ados ? C’est l’expert qui nous le dira…

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Marianne Tétreault : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Ma présentation portera sur les discours d’experts des adolescent·es dans l’espace judiciaire, dans le cadre d’autorisations de soins. Régulièrement, des experts et autres spécialistes sont appelés par des tribunaux à se prononcer sur la situation des adolescent·es qui refusent des soins psychiatriques. Dans cette judiciarisation, les psychiatres, intervenant·es sociaux et juges joueront tour à tour le rôle d’«expert» de l’anormalité et du meilleur intérêt de l’enfant. Je partagerai les résultats préliminaires de ma recherche, qui relèvent des problématiques au niveau des discours tenus par les psychiatres, intervenants et juges (stigmas, jugements, infantilisation, etc.) et un éloignement des connaissances scientifiques pour tendre vers un discours de normalisation et contrôle social. Je traiterai ensuite de l’impact de ces discours sur la gouvernance de ce groupe d’âge. Du point de vue méthodologique, je vise à documenter les discours sociaux, psychiatriques et judiciaires tels qu’ils s’expriment dans la littérature et les jugements concernant les adolescents puis proposer une analyse féministe et institutionnaliste de ces discours, mettant en lumière comment les facteurs sociaux tels que le genre, l’âge, et le diagnostic les déterminent, de même que leur influence sur les décisions judiciaires. Je mobiliserai une approche méthodologique qualitative en procédant à une analyse de discours ainsi qu’une étude de cas (adolescents avec expérience en pédopsychiatrie).

Résumé du colloque

Les dernières décennies ont été marquées par un essor des recherches sur l’enfance. Tandis qu’elle a longtemps constitué le territoire réservé de la pédiatrie et des sciences du psychisme, en particulier de la psychologie, l’enfance est désormais investie par une diversité de disciplines scientifiques, multipliant les angles épistémologiques, méthodologiques et analytiques à travers lesquelles elle est saisie.

Les dernières décennies ont été marquées par un essor des recherches sur l’enfance. Tandis qu’elle a longtemps constitué le territoire réservé de la pédiatrie et des sciences du psychisme, en particulier de la psychologie, l’enfance est désormais investie par une diversité de disciplines scientifiques, multipliant les angles épistémologiques, méthodologiques et analytiques à travers lesquelles elle est saisie.

Ce colloque part de l’idée que la manière d’aborder le développement de l’enfant, mais aussi les processus de socialisation, la cognition, l’éducation, l’anormalité, etc., divergent considérablement selon les lunettes disciplinaires que l’on adopte. Fort de ce constat, il vise à saisir l’enfance comme un territoire d’expertises concurrentes, sinon hiérarchisées, nous invitant à interroger ou réinterroger les normes qui président à son éducation, sa prise en charge, son accompagnement, sa protection, etc.

Afin de saisir les disputes indissociablement savantes et normatives qui entourent l’enfance, nous cherchons à faire dialoguer une diversité de travaux empiriques et théoriques, menés à partir de perspectives disciplinaires et méthodologiques variées. Les communications pourront suivre l’un ou plusieurs des trois axes thématiques suivants :

1. Les experts autorisés de l’enfance. Cet axe vise à interroger le champ de l’enfance à l’aune de l’évolution des savoirs qui l’entourent, et du rôle hégémonique qu’occupent historiquement les sciences du psychisme, et plus récemment du cerveau, dans sa saisie et dans les modalités d’interventions qui en découlent.

2. Quel « social » pour l’enfance ? Cet axe pose la question de l’intérêt des sciences sociales (sociologie, anthropologie, histoire, géographie, etc.) pour (re)penser l’enfance, en lien ou en concurrence avec les sciences du psychisme, et pour saisir autrement l’influence du « social » dans la connaissance et la prise en charge de l’enfance.

3. L’enfance saisie par l’expérience. Cet axe examine le rôle que peuvent jouer les savoirs expérientiels, des parents et des enfants eux-mêmes, pour comprendre l’enfance et réexaminer les contours de sa prise en charge.

L’objectif de la journée est de réfléchir à l’enfance au carrefour des tensions paradigmatiques qui orientent la manière dont cet âge de la vie est observé, analysé et in fine gouverné. Nous souhaitons réunir des acteurs de disciplines et d’horizons diversifiés pour :

  1. Discuter de la construction et de la circulation des savoirs sur l’enfance, en étudiant plus précisément les luttes qui se nouent entre les différents experts de l’enfance (axes 1 et 2).
  2. Échanger sur la place des parents et des enfants eux-mêmes comme acteurs de la connaissance de l’enfance, en interrogeant les manières dont ils peuvent, ou non, entrer en dialogue avec les experts autorisés (axe 3).
  3. Sonder les rapports de force qui se jouent dans la compréhension et la prise en charge de l’enfance.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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