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Repenser le concept de savoir citoyen à partir des expériences de participation citoyenne des personnes immigrantes au Québec

MM

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Mathilde Manon : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La perspective décoloniale sur les mouvements sociaux et le développement souligne l’apport des savoirs dits locaux dans la production de modèle alternatif au modèle de développement eurocentrique (Santos, 2016; Escobar, 2016). Au Nord, les études sur l’innovation sociale et les approches bottom-up reconnaissent également le rôle des savoirs des “premiers concernés” dans la poursuite d’une plus grande justice sociale, par l’amélioration concrète de la qualité de vie par et pour les personnes vivant en situation de pauvreté et d’exclusion sociale (Santos, 2016; Godrie et Santos, dos 2017; Fontan et al., 2017). Face à la diversification grandissante de la société québécoise liée à l’immigration de population venue des Suds le milieu communautaire et militant québécois est dans l’obligation de s’adapter. Comment sont pris en compte les savoirs des personnes immigrantes au sein des expérimentations sociales portées par le milieu communautaire et qu’apportent-ils aux transformations sociales visées par la société civile québécoise ?

Je présenterai les résultats préliminaires d’une étude ethnographique (thèse de doctorat) auprès d’un organisme nord-montréalais adoptant une approche de croisement des savoirs dans une perspective de développement territorial. J’aborderai les enjeux de justice épistémique liée à la participation citoyenne des personnes immigrantes et la nécessité de repenser le concept de savoir citoyen à la lumière de ces résultats.

Résumé du colloque

La capacité, voire la légitimité, de notre monde à durer est mise à l’épreuve, autant par son insoutenabilité écologique que par l’ampleur de ses injustices sociales. L’importance de ces défis génère des tensions et une polarisation politiques croissantes qui interrogent le rôle des savoirs dans nos choix pour notre avenir commun. Pour construire d’autres horizons politiques pour ce XXIe siècle déjà mal engagé, quels savoirs est-il nécessaire de reconnaître, de construire, de mobiliser, et comment ?

Cette question invite d’abord à considérer les concepts mobilisés pour penser des avenirs souhaitables que l’on parle aujourd’hui de transition, de décroissance, de postdéveloppement, de buen vivir, de sobriété, de communs, de justice sociale, environnementale et épistémique, etc. Quels usages analytiques, mais aussi quelles mises en pratique militantes et organisationnelles ? Quelles oppositions et quelles articulations entre ces différents termes, mais aussi avec des contre-discours de plus en plus sonores (des utopies technocentristes à la multiplication des régimes antidémocratiques) ? Comment cela se concrétise-t-il sur et avec le territoire, notamment avec ses multiples acteurs à la recherche d’un plus grand pouvoir d’agir local ? Quels rôles pour les politiques sociales et quels nouveaux arrangements entre mouvements sociaux et citoyens, économie sociale et solidaire, philanthropie et État ? Dans quelle mesure ces débats résonnent-ils dans les milieux de travail, tant sur le plan des pratiques de gestion que des mobilisations collectives et de l’évolution de la qualité de l’emploi ? Comment cela s’opère-t-il dans la mise en organisation de la justice sociale, environnementale et épistémique ? Sous quelles formes organisationnelles et de quelles manières de s’organiser ?

Notre question exige aussi d’interroger les modes de construction des savoirs. Quel renouvellement des épistémologies face aux crises sociétales ? Quelle refondation des universités et des institutions productrices de savoir pour ouvrir de nouveaux horizons ? Quel rôle pour la société civile, notamment les personnes les plus marginalisées, dans la coconstruction des connaissances et la coproduction des actions collectives et des politiques publiques ? Quels savoirs oubliés, marginalisés ou invisibilisés à reconnaître ? Quel arbitrage entre défense de la science pour orienter décisions politiques et dérives épistocratiques (le règne des experts), aux dépens de la démocratie ?

Notre colloque sera l’occasion de travailler sur l’articulation entre l’émergence de nouveaux savoirs (ou la reconnaissance de savoirs déjà disponibles, mais invisibilisés) et la transformation sociale. Il s’agira d’interroger la contribution des savoirs à des transformations sociales, mais aussi de voir dans quelle mesure l’avènement d’un nouveau monde (sous ses paramètres sociaux, environnementaux, économiques, etc.) produit de nouveaux imaginaires, de nouvelles exigences épistémologiques ou de nouveaux outils cognitifs.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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