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Réussite académique et rôles associatifs brigués par les étudiantes de l’UVS

AG

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Absa Gassama : Université numérique Cheikh Hamidou Kane

Résumé de la communication

En anthropologie culturelle et sociale, la culture est une forme d’organisation pratique pour s’adapter à son environnement or cet environnement évolue aussi sous l’impulsion de l’être humain. Ainsi, une réponse adaptée à un moment donné peut devenir obsolète au fil du temps. C’est le cas de la répartition sexuelle traditionnelle du travail lorsque la femme a commencé à contribuer autant sinon plus aux revenus du ménage. À partir de là, si elle continue à assumer l’ensemble des travaux domestiques, cela lui fait une double journée de travail à laquelle s’ajoute la maternité, le maternage etc. On se demande alors, pourquoi, en acceptant la contribution financière de la femme, l’homme refuse d’alléger cette dernière de la surcharge des tâches domestiques.

Or, la charge mentale de ces occupations domestiques pèse également sur la carrière des femmes qui non seulement ne sont pas soutenues dans leurs institutions professionnelles mais encore subissent des freins quand elles n’ont pas la docilité qu’on attend d’elle.

Cette charge mentale commence très tôt dans la vie de la fille, continue tout au long de son éducation et devient de plus en plus pesante au cours des années. Cela leur empêche de choisir les voies qui mènent vers des carrières sollicitant trop leur personne et à renoncer à exercer leur leadership.

Ce sont ces schémas d’injustice dans les institutions familiales et professionnelles ainsi que toutes les autres qui les corroborent qui ont suscité une analyse sociologique avec des données sur la réussite académique et les rôles associatifs brigués par les étudiantes de l’UVS pour comprendre leur carrière professionnelle et personnelle.

Résumé du colloque

La notion de genre est devenue omniprésente dans la recherche sur le développement en Afrique (Treillet, 2008). Toutefois, la prégnance des partenaires internationaux dans ces recherches semble avoir affaibli son potentiel transformateur des relations de pouvoir inégalitaires dans les sociétés africaines (Parpart, 2014). En effet, le genre semble avoir été instrumentalisé pour pallier la résistance au concept de féminisme en Afrique. Or, cette résistance n’est pas synonyme d’un rejet de l’idéologie féministe entendue comme une critique des rapports sociaux de genre, mais comme une distanciation avec le féminisme en tant que « cadre universaliste de mobilisation » (Latourès, 2009, p. 144). De plus, ce refus provient de chercheur·se·s d’Afrique qui cherchent à s’approprier la lecture de leur propre réalité (Touré, 2002).

Sur le plan heuristique, il serait donc important de se demander à quelles réalités nous faisons référence quand nous parlons du genre en Afrique ? Quel est le sujet politique de la recherche sur le genre en Afrique ? Pouvons-nous affirmer que recherche féministe et recherche sur le genre sont interchangeables ?

Nous aimerions en débattre au regard des résistances que génère la question du féminisme en Afrique (Dieng, 2021). Il s’agira plus spécifiquement de poser la question des enjeux qu’une recherche sur le genre pose, notamment dans le processus de construction de la connaissance. Ces enjeux de plusieurs ordres se situent à l’intersection des inégalités de genre au sein du monde universitaire, la prégnance des agences de développement, mais aussi la division internationale du travail scientifique (Direnberger et Doubogan, 2022). S’agissant de la division internationale du travail scientifique, il serait intéressant d’interroger l’hégémonie des enjeux que constitue la non-interrogation d’un certain nombre de chercheur·se·s du Nord concernant les relations de pouvoir — rapports sociaux de race qui se juxtaposent aux rapports de genre — dans les espaces universitaires et les recherches sur le genre.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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