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Martine Shareck : Université de Sherbrooke
Le centre-ville de Sherbrooke (QC) est en changement. Dans le secteur Wellington Sud, ce sont près de $80M, dont $25M en fonds publics, qui sont investis pour revitaliser le quartier via la construction de tours à bureaux et à logements, l’aménagement d’un nouvel espace public et l’amélioration de l’esthétique de la rue. Ces changements urbains ont le potentiel d’améliorer les conditions sociales et la santé des résidents. Cela dépend toutefois des intérêts et des besoins qui sont priorisés dans le développement et l’implantation du projet de revitalisation. A l’été 2022, dans le cadre de l’étude Centre-Ville Équitable et en Santé (CentrÉS), nous avons mené des entrevues semi-dirigées avec 10 informateurs-clés issus du milieu politique, municipal, communautaire, privé et de groupes d’intérêts concernés par la revitalisation du centre-ville. Nous avons abordé les thèmes de la collaboration intersectorielle dans le cadre de la revitalisation, l’inclusion des jeunes et des personnes marginalisées dans le développement du projet, les défis anticipés dans son déploiement et ses impacts potentiels. Les résultats d’une analyse thématique de contenu des entrevues seront présentés afin de mettre en exergue les dynamiques de pouvoir, les défis et les pistes de solutions en lien avec la revitalisation urbaine, et plus précisément la prise en compte des intérêts des jeunes et des personnes marginalisées, dans une perspective de développement urbain sain et équitable.
L’aménagement des villes peut jouer un rôle majeur sur la santé et l’équité. Les transformations sur le cadre bâti urbain, comme l’installation de pistes cyclables, la modification de voies en rues piétonnes, les investissements en transport collectif et le verdissement ont le potentiel d’atténuer les répercussions des changements climatiques, d’améliorer la santé et la qualité de vie des résidentes et des résidents, et de soutenir la résilience communautaire.
Historiquement, les investissements urbains ont principalement eu lieu dans les quartiers aisés, laissant les quartiers moins nantis avec un double désavantage. À Montréal par exemple, la différence d’espérance de vie de neuf ans observée entre les quartiers est en partie associée à des différences dans les environnements urbains : espaces verts, infrastructures de transport actif, offre commerciale ou îlots de chaleur — les ressources porteuses de santé ne sont pas distribuées de manière équitable.
Mais dans un contexte de ville en constante évolution, les politiques et investissements qui ciblent en partie l’équité pourraient changer la donne. Alors que les villes transforment l’espace urbain, le potentiel d’amélioration des contextes de vie est au cœur des réflexions, et les retombées sur le plan du capital social, de la qualité de vie et de la santé représentent une promesse importante. Mais les effets inattendus comme la gentrification sont aussi observés, et l’observation de ces transformations et la compréhension de leurs incidences reste très partielle. En d’autres termes, de nombreuses questions demeurent.
Ce colloque propose de se pencher sur ces transformations de la ville, en explorant comment la question d’équité est posée dans le développement de politiques publiques visant les environnements et l’équité, quels changements sont observés sur le territoire et si ces transformations contribuent réellement à l’équité dans les environnements urbains.
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