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Diane Querrien : Université Concordia
Si les classes d’accueil pour élèves allophones sont très présentes à Montréal, leur intégration à la classe ordinaire est la modalité la plus fréquente en région, et les enseignants « du régulier » n’ont encore souvent pas de préparation adéquate. Pour y pallier, certaines écoles prennent des initiatives, comme la création d’une tâche d’enseignante-ressource en intégration linguistique, scolaire et sociale.
L’étude de cas rapportée porte sur cette fonction dans une école secondaire. Au cours des huit journées passées par la chercheure dans le milieu en 2017-2018, sept membres de l’équipe-école ont participé à des entrevues semi-dirigées, analysées par catégorisation conceptuelle à l’aide de NVivo. Ont également été collectés les documents pédagogiques, et l’observation du quotidien scolaire a fait l’objet de notes semi-structurées, analysées par approche phénoménologique.
Les résultats permettent de décrire avec précision cette initiative inclusive pour soutenir de jeunes apprenants du français, mais aussi leurs enseignants. De surcroît, pour bien situer les défis et la faisabilité de l’inclusion des élèves allophones dans un tel contexte, les constats de l’étude seront mis en lien avec les recherches précédemment réalisées sur le même site. Ce parallèle montrera l’évolution des mesures inclusives adoptées par l’école, mais permettra aussi de comprendre quels mécanismes sont nécessaires pour appuyer l’adhésion de l’équipe pédagogique et la pérennité de ces mesures.
Dans la mouvance de l’adoption du projet de loi no 96 en mai 2022 et des élections québécoises à l’automne de la même année, les questions et les débats entourant le lien présumé entre l’immigration et le « déclin du français » au Québec, voire de la survie de la nation québécoise francophone, sont apparus sur un nombre sans cesse croissant de tribunes. Qu’il s’agisse de seuils d’immigration, de limites de la capacité d’accueil de la société québécoise, de pouvoirs et de gestion de l’immigration permanente et temporaire par le Québec, de politiques et de mesures de francisation, d’intégration et de régionalisation, pour ne mentionner que ceux-là, beaucoup a été dit sans pourtant offrir un portrait juste, nuancé et dénué de clichés sur ces enjeux.
Le gouvernement québécois s’est engagé à tout mettre en œuvre pour freiner le recul du français au Québec, lequel serait attribuable, selon lui, au fait que les immigrants ne parlent pas ni n’utilisent suffisamment cette langue. Très souvent, une telle lecture de la réalité repose sur des indicateurs dont la portée est plutôt limitée et qui font l’économie d’analyses qui prennent en compte la complexité et la richesse des dynamiques associées à la diversité ethnoculturelle, au plurilinguisme et à la concomitance du français comme langue publique commune et de l’anglais comme lingua franca globale.
Mais que sait-on du rapport qu’entretiennent les immigrants avec la langue française et la notion de « français langue publique commune » ? Quelles représentations se font les immigrants, récents et établis, de la présence et du statut relatif du français et de l’anglais au Québec, et à Montréal en particulier ? Lors du recensement de la population de 2021, environ 57 % de la population de langue maternelle tierce déclarait parler plus d’une langue à la maison. Que nous révèle ce plurilinguisme au foyer au regard des pratiques et des comportements linguistiques au travail, dans le domaine de l’enseignement postsecondaire, dans l’espace public en général ? À quels défis les nouveaux arrivants sont-ils confrontés lorsque leur langue première n’est pas le français ? Quels sont les facteurs qui modulent positivement ou négativement leur apprentissage du français ? Que sait-on des succès, voire des limites, de ces mesures qui visent à favoriser l’apprentissage et l’usage du français ? Quels rôles joue ou ne joue pas la société d’accueil pour valoriser et promouvoir l’usage du français auprès de certaines communautés immigrantes ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles nous tenterons de répondre dans le cadre de ce colloque. Ce dernier vise à fournir un éclairage au débat public sur ces enjeux et à favoriser un meilleur arrimage entre la recherche et les données probantes d’une part, et le développement de programmes et de mesures susceptibles de favoriser un meilleur vivre-ensemble linguistique d’autre part.
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