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Soutenir le développement des fonctions exécutives en situation de jeu au préscolaire : une micro-analyse des gestes professionnels des enseignantes

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Gabriel Kappeler : Haute école pédagogique du canton de Vaud

Résumé de la communication

De nombreux travaux scientifiques ont démontré un lien entre le jeu de faire semblant à l’âge préscolaire et le développement des fonctions exécutives (eg. Thibodeau & al., 2016, 2020; Veraksa et al. 2022). Or les situations pédagogiques au préscolaire qui laissent davantage de place aux activités initiées par les élèves comme notamment le jeu libre tendent à diminuer dans de nombreux contextes (Bassok & al., 2016 ; Clerc-Georgy & Truffer Moreau, 2016). Dans la situation de jeu de faire semblant, les enfants endossent des rôles et investissent des scénarios imaginaires qui leur permettent de faire des allers-retours entre jeu et apprentissage (Pramling Samuelsson & al., 2008). Ce processus soutient l’utilisation de la mémoire de travail, l’inhibition et favorise également la flexibilité cognitive (eg. Veraksa & al. 2022). Le soutien aux fonctions exécutives apporté par les enseignantes du préscolaire en contexte classe lors de situations de jeu reste encore peu documenté notamment dans le cadre de recherches compréhensives. Cette communication vise ainsi à présenter des micro-analyses issues d’une observation participante et longitudinale durant les moments de jeu libre au préscolaire dans le contexte de la Suisse francophone. Les gestes professionnels relatifs au soutien apporté aux fonctions exécutives sont catégorisés en différenciant les types d’interventions des enseignantes lors de la phase de jeu épistémique et la phase de jeu ludique (Hutt 1971; Hutt & al. 1989).

Résumé du colloque

Les fonctions exécutives [FE] représentent des processus cognitifs complexes, dont les composantes de base sont la mémoire de travail, l’inhibition et la flexibilité mentale (Blair, 2016). À la base de la régulation intentionnelle de l’attention, de la pensée et des actions, les FE amènent l’enfant à raisonner, planifier, se concentrer et inhiber les interférences et les comportements qui ne sont pas appropriés en vue d’atteindre un objectif (Chevalier, 2010).

Des études ont montré que les FE de l’enfant, qui sont en plein essor à la petite enfance, représentent un puissant prédicteur de son développement, de ses apprentissages et de sa réussite éducative (Ribner et al., 2017). Des travaux ont notamment démontré que le niveau de FE de l’enfant en maternelle permettait de prédire ses habiletés en mathématiques et en lecture (Mulcahy et al., 2021), en plus de constituer un fort prédicteur de son développement langagier (Foy et Mann, 2013) et de son fonctionnement cognitif en général (Blair et Razza, 2007).

Compte tenu de leur rôle central, il s’avère essentiel de s’intéresser aux FE des jeunes enfants afin de mieux caractériser leur trajectoire développementale et de déceler des moyens de les soutenir dès la petite enfance. À cet égard, certains chercheurs ont étudié la possibilité de les entraîner dans le but de les améliorer (Volckaert et Noël, 2015) tandis que d’autres ont misé sur l’observation, l’évaluation et le soutien des FE en contexte plus naturel (p. ex., dans des situations de jeu) (Duval et al., accepté; Moreno et al., 2017). Or, les résultats de ces études ne paraissent pas toujours convergents et il devient nécessaire de faire le point et de cibler les éléments qui font le plus consensus à l’heure actuelle : Que doit-on en retenir et quelles sont les implications possibles pour la pratique ? Ce symposium vise à faire un tour d’horizon de la question en présentant des résultats de recherche récents concernant le soutien aux FE chez les jeunes enfants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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