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Luc Cloutier-Villeneuve : Institut de la statistique du Québec
Au cours des 20 dernières années, les femmes au Québec ont connu un essor dans leur participation au marché du travail. En témoigne, l’augmentation de leur taux d’emploi chez les 25-54 ans qui est passé de 74,0 % en 2002 à 85,1 % en 2022. En parallèle, il y a eu certes une réduction de l’écart de rémunération horaire entre les sexes. Toutefois, les résultats sont à géométrie variable lorsqu’on regarde plus attentivement ce qui s’est passé dans les grands groupes professionnels. Cette présentation portera dans un premier temps sur les principales tendances en matière d’évolution des écarts de rémunération horaire entre les femmes et les hommes entre 1998 et 2021 selon les grands groupes professionnels. Trois indicateurs seront privilégiés, la part d’effectifs féminins, la rémunération horaire moyenne et le ratio de rémunération horaire moyenne femmes-hommes. Par la suite, d’autres résultats portant sur l’effet du temps de travail sur les écarts de rémunération seront abordés. Enfin, en guise de perspective, des données sur l’année la plus récente (2022) seront présentées au regard de certaines caractéristiques des travailleuses-eurs ainsi que des emplois.
En 1978, le Conseil du statut de la femme dresse un état des lieux de la situation des femmes du Québec dans son avis Pour les Québécoises : égalité et indépendance. Il y examine les causes des inégalités sexuelles et analyse les obstacles qui restreignent l’autonomie des femmes et leur pleine participation à la société. Les thèmes de la socialisation, de la santé, de la famille, du marché du travail et de l’exercice du pouvoir sont scrutés à la loupe afin de débusquer les injustices et de cibler les moyens d’y remédier. L’exercice s’appuie sur une consultation menée auprès de groupes de femmes et de comités de travail dans l’appareil gouvernemental, dans le contexte où les données sur les conditions de vie des femmes sont rares et où la recherche féministe est à l’état embryonnaire.
Aujourd’hui, le champ des études féministes s’avère prolifique. Ce foisonnement implique des chercheuses et des chercheurs de différents horizons disciplinaires dont les travaux contribuent à éclairer, sous différents angles, les réalités multiples vécues par les femmes. L’heure n’est plus à l’idée d’une condition universelle des femmes, mais à la diversité des expériences, lesquelles sont appréhendées au croisement de systèmes de discrimination qui concourent à la production et à la reproduction d’inégalités sociales fondées, par exemple, sur le genre, l’orientation sexuelle et l’ethnicité. Le colloque proposé sera l’occasion de prendre acte du panorama de connaissances théoriques et empiriques produites au regard des thématiques examinées en 1978, et de mesurer les avancées et les enjeux persistants qui forment la trame de l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes au Québec.