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Transition énergétique, identité et dépossession « verte » dans le Sulcis (Sud Sardaigne, Italie)

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Elena Apostoli Cappello : Sapienza - Rome University

Résumé de la communication

Face au déclin de sa centralité liée à l'économie charbonnière et à l'échec de la récupération et de la transformation productive du complexe industriel de Portovesme, San Pietro est principalement une destination touristique, comme le reste de la Sardaigne, dont la spécificité est essentiellement liée à l'économie thonière. Deux éléments lui confèrent une place centrale dans la géopolitique énergétique contemporaine : 1. elle vise à devenir la première Communauté des énergies renouvelables d'Italie, ainsi que la première île européenne complètement autonome en termes d'autoproduction d'énergie ; 2. au large de ses côtes, l'un des plus grands parcs éoliens offshore de Méditerranée devrait voir le jour, sur des projets présentés par des multinationales auxquels les insulaires sont farouchement opposés en raison des contours fortement néo-extractifs (Gudynas, 2021 ; Svampa, 2019) de l'opération, imposés d'en haut et de l'extérieur, sans aucun bénéfice pour l'île et qui en font de fait une zone de sacrifice (Lerner, 2010 ; McDermott Huges, 2021). Dans un contexte d'injustice spatiale (Harvey, 1997), les habitants de l'île manifestent une expropriation et un manque d'agence que nous pouvons attribuer à une violence environnementale structurelle (Galtung, 1969). Le contraste entre marginalité et centralité fait de la petite ile de San Pietro un site central pour interroger les prémisses néo-extractives et les frictions qui résultent des politiques européennes de décarbonisation.

Résumé du colloque

L’extractivisme s’intensifie et se multiplie sous diverses formes partout sur la planète (Parks, 2021). Au Sud comme au Nord, attirer des capitaux pour les activités extractivistes est désormais au centre des plans de développement économique (Asselin, 2011; Beaucage, 2018) ou de relance économique visant à sortir de la crise profonde mise en évidence par la pandémie de Covid-19 (Dressler, 2021).

Le colloque veut analyser de manière critique les dynamiques de l’extractivisme et rendre visibles les alternatives à ce modèle, comme celles liées à une cosmovision ou ontologie politique (Escobar, 2012) fondées sur des relations harmonieuses entre humains et non humains. Diverses voix critiques s’expriment en faveur d’une sortie de l’extractivisme (postextractivisme) et d’autres conceptions du vivre-ensemble, et promeuvent des stratégies locales et transnationales de résistance contre les projets extractifs (Magaña, 2020; Roca et Perdomo, 2020; Svampa, 2019).

Le colloque se propose de faire un retour sur la notion d’origine de l’extractivisme, depuis les travaux pionniers des Sud-Américains Gudynas (2009), Svampa (2013) et Acosta (2013), pour en explorer de nouveaux sens et usages, comme l’extractivisme ontologique et épistémique (Grosfoguel, 2016). Chagnon et al. (2022) considèrent l’extractivisme comme concept englobant pour comprendre les processus découlant de l’accumulation contemporaine du capital à l’échelle globale et qui organise la vie humaine et non humaine en la conditionnant. Dans ce sens, en s’inspirant des travaux de Preston (2017) sur les travailleurs migrants temporaires, de Morris (2019; 2020) sur les réfugiés et de Wichterich (2020) sur les travailleuses du soin, le colloque souhaite réfléchir à l’application du concept d’extractivisme à des processus impliquant des « ressources humaines ». À cette fin, le colloque propose de penser l’extractivisme non plus au singulier mais au pluriel (« les extractivismes ») afin de rendre possible une multitude de perspectives autour du concept.

Objectifs du colloque

  1. Analyser de façon critique et constructive le concept d’extractivisme pour voir ses angles morts ou limitations et proposer de nouvelles facettes ou utilisations théoriques;
  2. Analyser de façon critique les processus d’extraction des ressources naturelles et humaines afin d’en comprendre les dynamiques;
  3. Explorer les réponses aux extractivismes qui émergent à proximité des sites d’extraction ou en réaction aux projets extractifs;
  4. Examiner et discuter les différentes mutations de l’extractivisme contemporain dans les discours politiques.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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