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Louise Boivin : UQO - Université du Québec en Outaouais
Dans son avis de 1978, le CSF dénonçait la dévalorisation économique des emplois comportant des analogies avec le travail domestique. Il soulignait l’urgence de désexiser ce dernier en fournissant des services collectifs, pouvant aussi favoriser l’accès des femmes à l’emploi et soutenir les femmes âgées seules, composant la majorité des personnes âgées. Depuis, les métiers du care se sont sans cesse développés au Québec. Toutefois, les ressorts de leur dévalorisation économique et sociale demeurent puissants même si le contexte de pandémie a mis en évidence leur caractère essentiel. La communication posera un regard historique, féministe et intersectionnel sur l’un des ressorts de la dévalorisation de ces métiers: l’inégalité genrée et racisée dans la capacité d’action syndicale, institutionnalisée par les politiques publiques. Ce regard sera actualisé par des références au cas des préposées aux bénéficiaires ou d’aide à domicile du secteur privé. La thèse défendue est que la valorisation économique et sociale des métiers du care bénéficierait d’un syndicalisme inspiré par celui des femmes des classes laborieuses au début du capitalisme et par celui des travailleuses domestiques migrantes d’aujourd’hui. Il s’agit d’un syndicalisme de type communautaire, ancré dans les rapports sociaux du salariat et de la sphère domestique, liant conditions de travail et de vie ainsi que rapport à la citoyenneté sociale et politique.
En 1978, le Conseil du statut de la femme dresse un état des lieux de la situation des femmes du Québec dans son avis Pour les Québécoises : égalité et indépendance. Il y examine les causes des inégalités sexuelles et analyse les obstacles qui restreignent l’autonomie des femmes et leur pleine participation à la société. Les thèmes de la socialisation, de la santé, de la famille, du marché du travail et de l’exercice du pouvoir sont scrutés à la loupe afin de débusquer les injustices et de cibler les moyens d’y remédier. L’exercice s’appuie sur une consultation menée auprès de groupes de femmes et de comités de travail dans l’appareil gouvernemental, dans le contexte où les données sur les conditions de vie des femmes sont rares et où la recherche féministe est à l’état embryonnaire.
Aujourd’hui, le champ des études féministes s’avère prolifique. Ce foisonnement implique des chercheuses et des chercheurs de différents horizons disciplinaires dont les travaux contribuent à éclairer, sous différents angles, les réalités multiples vécues par les femmes. L’heure n’est plus à l’idée d’une condition universelle des femmes, mais à la diversité des expériences, lesquelles sont appréhendées au croisement de systèmes de discrimination qui concourent à la production et à la reproduction d’inégalités sociales fondées, par exemple, sur le genre, l’orientation sexuelle et l’ethnicité. Le colloque proposé sera l’occasion de prendre acte du panorama de connaissances théoriques et empiriques produites au regard des thématiques examinées en 1978, et de mesurer les avancées et les enjeux persistants qui forment la trame de l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes au Québec.
Titre du colloque :