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Sophie Pellerin : Université de Montréal
Des changements linguistiques subtils pourraient survenir des années avant que les signes d’un déclin cognitif relié à la maladie d’Alzheimer (MA) ne soient remarqués. Ceux-ci pourraient donc constituer des marqueurs cognitifs des stades précoces de la MA. Dans le trouble cognitif léger (TCL), des changements répandus et variables dans le discours spontané (DS; ex., plus de pauses remplies, complexité syntaxique réduite) et différents profils cognitifs ont été documentés. Il est donc possible qu’il existe différents profils de DS dans ce groupe diagnostic. L’objectif de ce projet est donc de déterminer s’il existe différents profils de DS associés à certains profils cognitifs dans le TCL. Les données de 101 individus avec un TCL de l’étude COMPASS-ND sont utilisées. Diverses caractéristiques linguistiques (ex., de fluence, lexicales, syntaxiques) sont extraites des échantillons de DS (produits avec la tâche Cookie Theft). Une solution à deux clusters est obtenue avec une analyse en cluster à deux étapes. Le 1er cluster (46,5% des participants) montre des difficultés de fluence. Le 2e cluster (53,5%) a des échantillons plus courts, d’une moins grande complexité syntaxique et montre des difficultés lexicales. De plus, ces individus performent plus faiblement à des tâches cognitives (ex., langage, mémoire sémantique, attention). Ces résultats suggèrent que l’analyse du DS peut faciliter l’identification des individus avec un TCL avec des changements cognitifs plus sévères.
Un objectif fondamental dans l’étude du vieillissement vise à comprendre les modifications cognitives qui l’accompagnent et les mécanismes cérébraux associés. L’un des enjeux majeurs est l’importante variabilité interpersonnelle qui caractérise le vieillissement cérébral et cognitif. Certains individus vivent jusqu’à des âges très avancés sans que l’effet du temps ne semble nuire à leur fonctionnement cognitif alors que d’autres font malheureusement l’expérience du déclin de leurs capacités cognitives, voire de l’apparition de troubles cognitifs lorsque qu’une maladie neurodégénérative se développe. Le concept de résilience est souvent employé pour expliquer la capacité d’un individu à affronter les effets de l’âge ou des maladies neurodégénératives sur le cerveau et la cognition. La résilience est un terme général faisant référence à différents mécanismes neurocognitifs tels que l’entretien cérébral, la réserve cérébrale et la réserve cognitive. Les différentes techniques de neuro-imagerie permettent aujourd’hui de caractériser les changements cérébraux structurels, fonctionnels, physiologiques et métaboliques associés à l’âge et aux maladies neurodégénératives, et ainsi de mieux comprendre les mécanismes expliquant l’importante hétérogénéité qui caractérise le vieillissement. Avec l’avènement des techniques d’analyse rigoureuses en neuro-imagerie, il devient possible non seulement de reconnaître de façon de plus en plus précise des marqueurs précoces du développement de maladies neurodégénératives, mais également de repérer des marqueurs de neuroplasticité favorisant le maintien du fonctionnement cérébral et cognitif au cours du vieillissement et la résilience face aux conséquences des maladies neurodégénératives.
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