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Variation diatopique des expressions figées du français

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Anne Dister : Université Saint-Louis - Bruxelles

Résumé de la communication

Depuis quelques décennies, les recherches sur les expressions figées du français se sont multipliées, dont celles de Maurice Gross (1982, entre autres). Mais M. Gross n’a publié que partiellement ses travaux, laissant inexploitée une base de données d’environ 44 000 combinaisons verbales. Ce matériau inédit a servi de base au projet BFQS (Belgique – France – Québec – Suisse) (Lamiroy et al. 2010), qui a été mené entre 1995 et 2010. Partant de la liste établie par Gross pour le français de France, la description a été élargie à trois autres aires de la Francophonie du Nord, mettant en lumière la variation géographique des expressions figées.

Dans cette communication, nous revenons sur la méthodologie, et sur la question centrale, mais relativement peu étudiée (Klein et Lamiroy 2016), de la variation des expressions et de leur description morphosyntaxique, avec des exemples de la variété B. Actuellement seules les expressions dont le verbe commence par -a ont été totalement décrites. Nous plaiderons ici pour un élargissement à la description des expressions -b à -z et à celles de la Francophonie du Sud.

Résumé du colloque

Les phraséologismes (aussi appelés unités phraséologiques ou phrasèmes) sont des séquences :
– polylexicales, c’est-à-dire qu’elles sont formées d’au moins deux unités utilisées, avec une certaine récurrence, en contiguïté ou à proximité dans les textes (p. ex. au Québec, coûter une beurrée, en France et en Suisse, coûter bonbon, en Belgique, coûter un os; Lamiroy et al., 2010, p. 33-34);
– préfabriquées d’un point de vue cognitif. Il y a mémorisation « connectée » des unités figurant dans leur signifiant;
– contraintes sur le plan paradigmatique. Les unités en présence ne commutent pas librement avec d’autres unités de sens proche (p. ex. : *coûter une tranche). D’autres contraintes peuvent s’ajouter, notamment d’ordre syntaxique (p. ex. : impossibilité de passiver, d’introduire une négation) et pragmatique (p. ex. : l’affiche apportez votre vin sera placée bien en vue à l’entrée d’un restaurant au Québec).

La vaste classe des phraséologismes n’est pas unifiée. À titre indicatif, Iordanskaja et Mel’čuk (2017) proposent une typologie des phrasèmes qui compte, à son extrémité inférieure, 10 sous-classes aux propriétés sémantico-pragmatiques clairement délimitées (cf. locutions fortes, semi-locutions, locutions faibles, collocations standard, collocations non standard, nominèmes, pseudo-nominèmes, termèmes, formulèmes, sentencèmes).

Le colloque est l’occasion de réfléchir aux phraséologismes, dans toute leur complexité, en établissant un lien explicite avec la problématique de la variation, de l’innovation et du changement linguistique – en français ou dans une autre langue. Cette problématique, centrale dans les annales linguistiques depuis plusieurs décennies, est demeurée dans le champ de vision périphérique des phraséologues – du moins des phraséologues spécialistes du français – à l’exception de quelques cas notables (p. ex. : Lamiroy et al., 2010 et Lamiroy, 2020 sur les expressions verbales de la francophonie; voir aussi Cahiers de lexicologie, no 116, 2020).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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