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Variations diaphasiques et diatopiques dans l’usage des phraséologismes marqueurs illocutionnaires en français et espagnol. Le cas du REPROCHE et du REMERCIEMENT

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Stefana Olga Galatanu : Nantes Université

Résumé de la communication

Dans la perspective théorique d’une approche sémantique unifiée de la conceptualisation des actes de langage et de leurs réalisateurs linguistiques dans un espace linguistique et culturel, nous étudions les variations diaphasiques et diatopiques de phraséologismes à fonction de marqueur illocutionnaire du remerciement et du reproche en français (France, Québec, Côte d’Ivoire) et en espagnol (Espagne, Mexique).

L’objectif est de faire apparaître, à travers 8 situations de communication dont les variables relèvent de la relation interpersonnelle que peuvent avoir les locuteurs et de la zone objectale du contenu propositionnel, les variations dans le choix de phraséologismes comme Ne te gêne pas !, Faut pas se gêner !, Je te dois une fière chandelle !, Merci du fond du cœur ! ou d’un déploiement discursif de la conceptualisation sémantique de ces actes dans les situations proposées. Le second objectif est de tester une hypothèse portant sur la gradualité de l’implication affective inscrite dans la signification de cette classe de marqueurs illocutionnaires et sur la (re)conceptualisation de l’acte. Notre recherche s’appuie sur la triangulation de deux sources de données : une démarche expérimentale de recueil de savoirs sémantico-pragmatiques des sujets parlants et de mise en actes de ces savoirs (observables élicitées à partir d’un Discourse Completion Task) et une recherche d’observables de communication authentique (par exemple, lettres de remerciement).

Résumé du colloque

Les phraséologismes (aussi appelés unités phraséologiques ou phrasèmes) sont des séquences :
– polylexicales, c’est-à-dire qu’elles sont formées d’au moins deux unités utilisées, avec une certaine récurrence, en contiguïté ou à proximité dans les textes (p. ex. au Québec, coûter une beurrée, en France et en Suisse, coûter bonbon, en Belgique, coûter un os; Lamiroy et al., 2010, p. 33-34);
– préfabriquées d’un point de vue cognitif. Il y a mémorisation « connectée » des unités figurant dans leur signifiant;
– contraintes sur le plan paradigmatique. Les unités en présence ne commutent pas librement avec d’autres unités de sens proche (p. ex. : *coûter une tranche). D’autres contraintes peuvent s’ajouter, notamment d’ordre syntaxique (p. ex. : impossibilité de passiver, d’introduire une négation) et pragmatique (p. ex. : l’affiche apportez votre vin sera placée bien en vue à l’entrée d’un restaurant au Québec).

La vaste classe des phraséologismes n’est pas unifiée. À titre indicatif, Iordanskaja et Mel’čuk (2017) proposent une typologie des phrasèmes qui compte, à son extrémité inférieure, 10 sous-classes aux propriétés sémantico-pragmatiques clairement délimitées (cf. locutions fortes, semi-locutions, locutions faibles, collocations standard, collocations non standard, nominèmes, pseudo-nominèmes, termèmes, formulèmes, sentencèmes).

Le colloque est l’occasion de réfléchir aux phraséologismes, dans toute leur complexité, en établissant un lien explicite avec la problématique de la variation, de l’innovation et du changement linguistique – en français ou dans une autre langue. Cette problématique, centrale dans les annales linguistiques depuis plusieurs décennies, est demeurée dans le champ de vision périphérique des phraséologues – du moins des phraséologues spécialistes du français – à l’exception de quelques cas notables (p. ex. : Lamiroy et al., 2010 et Lamiroy, 2020 sur les expressions verbales de la francophonie; voir aussi Cahiers de lexicologie, no 116, 2020).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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