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Sonia Bisch : StopVOG France @SopVOGfr
J’ai fondé en 2017 le collectif militant et féministe « Stop aux violences obstétricales et gynécologiques France » @StopVOGfr suite à des violences obstétricales que j’ai subi lors de mon accouchement. Scandalisée par le déni sociétal et médical, et l’absence de recours possible, agir, militer m’est apparu la seule solution pour espérer changer la situation et épargner d’autres victimes. Le collectif a pour but de rehausser le niveau de conscience général sur les VOG qui restent taboues en France. Nous diffusons des témoignages de victimes en anonyme et mobilisons médias et politiques afin que le déni et l’impunité cessent. Le Conseil à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes (HCEfh) précise dans son rapport de 2018 que ces violences sont généralisées et systémiques en France. Depuis, aucune mesure du gouvernement n’a été mise en place. Je propose de détailler les mécanismes et les conséquences des VOG dans le contexte français, en précisant les missions et actions médiatisées du collectif : l’affaire Daraï, Zacharopoulou et celle d’Antony, notre travail de recherche sur la naissance pendant le covid-19 en France et enfin la campagne européenne actuelle visant à demander l’inscription des VOG dans la convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe, dans l’espoir de forcer les pays européens signataires à agir enfin !
Les violences obstétricales, gynécologiques et reproductives (VOGR) sont loin d’être marginales. Qu’elles se produisent dans un service de santé ou dans une relation intime, elles constituent une entrave à l’intégrité corporelle ainsi qu’à l’autonomie reproductive et décisionnelle de celles qui les subissent. On pense ici à des gestes médicaux imposés lors d’examens gynécologiques ou pendant un accouchement ou encore à la pression exercée sur des femmes pour qu’elles deviennent enceintes. Les VOGR renvoient à des comportements ou des paroles qui ne tiennent pas compte du consentement de la personne qui en est victime, et ce, à l’intérieur de rapports de force, de domination et de coercition. Or, les VOGR restent encore peu documentées (Grace et Anderson, 2018; Sutton et Knight, 2020). Les connaissances récentes émergent de la rencontre des savoirs universitaires, pratiques, expérientiels et militants afin de mieux comprendre les contextes, formes et conséquences inhérentes aux VOGR (Rozée et Schantz, 2021).
Dans le cadre du colloque, une exploration de l’historiographie des VOGR permettra de situer les savoirs existants et de visibiliser les différents mouvements féministes qui ont contribué à la reconnaissance des VOGR. Par la suite, des réflexions s’inscrivant dans une approche féministe et intersectionnelle des VOGR permettront d’amplifier les voix des personnes ciblées par des systèmes d’oppression contribuant à l’expression disproportionnée et spécifique de ces violences. On peut évoquer ici l’imbrication du colonialisme et du sexisme en lien avec la stérilisation imposée aux femmes autochtones (Basile et Bouchard, 2022) ou encore celle du racisme et du sexisme quant au manque de soutien et de considération que peuvent vivre les femmes noires et racisées à l’intérieur des services de santé reproductive (Vedam et al., 2019). À cela s’ajoutent notamment des discriminations basées sur la classe sociale ou le capacitisme qui exposent aussi les femmes pauvres ou en situation de handicap à ce genre de violences (Morin-Aubut, 2020). Enfin, on s’intéressera aux pratiques prometteuses et aux actions à mobiliser pour lutter efficacement contre les VOGR. Entre prévention, formation et soutien, plusieurs pistes seront partagées et discutées.
Titre du colloque :