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Florie Brangé : Université Laval
L’utilisation massive du numérique modifie notre rapport à l’espace-temps (Jézégou, 2022) ce qui invite praticiens et chercheurs à reconsidérer l’unicité de temps, de lieu et d’action organisatrice des activités d’enseignement et d’apprentissage.
Dans ce contexte la forme universitaire est appelée à se transformer (Peraya, 2018) afin d’intégrer l’évolution du rapport au savoir, les potentialités offertes par le numérique (Paquelin, 2014), transformation adaptive ou créatrice des environnements d’apprentissage notamment au sein des campus (Abualrub et al., 2013). Une évolution spatiale animée par la recherche de la valeur de la rencontre physique, qui au-delà de la présence physique contribue à cette présence psychique, cette attention qui soutient l’engagement des apprenants (Jacquinot, 1993). Acteur de ce processus, le sujet apprenant devient co-auteur de cette forme organisationnelle qui va soutenir la réalisation de ses activités d’apprentissage ancrées dans une double spatialité, à la fois physique et numérique (Carvalho et Goodyear, 2014 ; Goodyear, 2020 ; Orly ,2009).
Cette recherche qualitative à visée interactionniste et phénoménologique, cherche à comprendre l’actualisation des configurations spatio-temporelles dans l’enseignement supérieur pour repenser un design pédagogique et spatial des situations d’apprentissage. L’objectif de cette communication est de présenter et de discuter le cadre théorique retenu pour caractériser et analyser ces processus d’actualisation.
La pandémie mondiale a forcé les groupes apprenants ainsi que les corps enseignants et formateurs à se tourner brusquement vers l’apprentissage en ligne et la formation à distance, tandis que les travailleur·euse·s du monde entier ont dû massivement adapter leur activité de travail à la réalité du télétravail. Accélérés par les récentes avancées technologiques, ces nouveaux modes d’organisation, maintenant bien ancrés dans notre quotidien, brouillent les frontières des espaces à la fois physique et numérique, présentiel et virtuel, individuel et collectif, personnel et professionnel. En éducation et en formation, ces espaces multiples qui configurent le territoire de l’apprendre sont transformés par cette place grandissante que prend le numérique et l’intelligence artificielle. Le territoire de l’apprendre peut être défini par un ensemble pluriel d’espaces physiques et numériques délimités par des frontières sur lesquels les apprenants et enseignants ont une emprise et au sein desquels s’ancrent les activités d’enseignement et d’apprentissage de manière formelle et non formelle (Paquelin, 2021). Comment les technologies émergentes telles que le Métavers, la réalité virtuelle, la réalité augmentée ou les agents conversationnels transformeront-elles ce nouveau territoire de l’apprendre du point de vue de l’apprentissage et de la formation? Comment assurer une transformation de ce territoire de l’apprendre à la fois équitable, inclusive, accessible, sécuritaire et durable? Comment soutenir chaque personne apprenante dans l’édification de ce territoire en lui permettant de relier des espaces-temps sociaux fragmentés? Comment l’appuyer dans la redéfinition de son territoire de l’apprendre pour qu’il soit à la fois personnalisé, capacitant et adaptable à ses besoins de formation tout au long de la vie? L’objectif de ce colloque est d’explorer ce nouveau territoire de l’apprendre en engageant un dialogue entre les présentateur·trice·s et les participant·e·s.
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