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Bianca Nugent : Université d'Ottawa
Les parcours scolaires et d’apprentissage des apprenants autistes, ou les élèves ayant des besoins particuliers, ainsi que les visées de l’éducation inclusive font l’objet de courants politiques. À proprement parler, ce qu’on entend par intégration et inclusion scolaire varie selon les différentes perspectives : des politiciens responsables de faire appliquer la Loi sur l’instruction publique ; des intervenants scolaires chargés de dispenser les services éducatifs attendus ou des parents considérés ayant le droit de choisir l’école qui répond le mieux à leur préférence pour leur enfant. Quels sont les contours de ces responsabilités ? Où se situe le Québec au chapitre des pratiques d’inclusion scolaire et d’accommodement de la neurodivergence des élèves autistes en 2023 ? Cette communication expose les apports et des limites à l’intersection de la neurodiversité et du capacitisme scolaire. Elle s’inspire à la fois de l’expérience professionnelle de la conférencière (chercheure praticienne en service social œuvrant en défense de droits des personnes autistes depuis plus d’une décennie) ; politique (présidente de la Coalition de parents d’enfants à besoins particuliers du Québec depuis 2017 et ex-commissaire parent d’élèves « HDAA »); que personnelle (mère d’un adolescent autiste). Cette communication pose un regard critique sur les pratiques d’inclusion scolaire et de la prise en compte de la neurodivergence, plus précisément les élèves autistes dans un compte-rendu factuel.
Considérant le taux croissant de personnes en situation de handicap, plusieurs lois souhaitent réduire les écarts entre ces individus et ceux dits neurotypiques, notamment dans les milieux scolaires (ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur [MEES], 2020). Dans le cas des personnes autistes, la recherche souligne l’importance de leur participation sociale, alors que celle-ci confère des bienfaits sur leur qualité de vie, leur revenu, leur réseau social et leur bien-être global à court et à long terme (Couture et al., 2020). Or, plusieurs obstacles subsistent pour favoriser leur participation sociale dans le cadre de leur parcours scolaire et d’apprentissage. Que les personnes autistes soient enfants, adolescentes ou adultes, elles éprouvent généralement des difficultés en lien avec les changements et les transitions scolaires, influençant leur rendement scolaire, leur intégration sociale, leur santé mentale et leur bien-être en général (Anderson et al., 2017; Shattuck et al., 2012). Le rôle du personnel dans les milieux scolaires et communautaires devient alors crucial pour tenter de les appuyer, notamment sur le plan scolaire. Les services adaptés offerts incluent : temps supplémentaire durant les examens, soutien pour la prise de notes, passation des évaluations dans un local sans distraction, utilisation de technologies adaptées (Cai et Richdale, 2016). Toutefois, la communauté étudiante autiste revendique également des ressources pour soutenir ses besoins sensoriels et sociaux : réduction du bruit, tenue d’ateliers sur les étiquettes sociales et sensibilisation à la neurodivergence sur les campus postsecondaires (Alverson et al., 2019; Elias et White, 2018). Pour plusieurs équipes de recherche, dont Sosnowy et al. (2018), ces revendications peuvent être entendues avec une communication plus fluide entre la recherche, la pratique et la communauté étudiante autiste, permettant la coconstruction de savoirs scientifiques appuyés sur son expérience.
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