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Apprivoiser le rapport à l’incertitude grâce à des pratiques humanisantes en pédagogie universitaire : une pédagogie de l’agilité et du savoir-passer

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Monyse Briand : UQAR - Université du Québec à Rimouski

Résumé de la communication

Les mutations sociales et civilisationnelles sur les plans social, économique, politique, culturel, climatique, technologique, sanitaire, communicationnel, etc. (Mahy et Carle, 2012) auxquelles nous confronte cette époque nous exposent à la question de l’incertitude dans nos pratiques pédagogiques. Y répondre suppose de développer de nouvelles capacités à sentir, penser, apprendre, collaborer, créer, s’humaniser et s’organiser. Œuvrer à la formation à l’accompagnement du changement ou encore aux métiers de la relation ne peut, de nos jours, faire l’économie de se questionner sur les manières d’outiller les apprenant∙es afin qu’iels puissent apprendre à mieux vivre et agir face l’incertitude. Cette communication ouvre sur de nouvelles perspectives pédagogiques pour préparer, avec plus de conscience et de justesse, les apprenant∙es à développer un meilleur rapport à l’incertitude grâce à des pratiques humanisantes à l’université. Cultiver une pratique de l’incertitude semble être une voie de passage intéressante pour permettre le développement de l’agilité ainsi que de la capacité à savoir-passer pour mieux vivre et mieux agir en situation d’incertitude. En s’appuyant sur les résultats d’une recherche doctoral, nous présenterons quelques perspectives pédagogiques pouvant inspirer une pratique de l’incertitude afin de discuter de la portée humanisante de celles-ci en pédagogie universitaire.

Résumé du colloque

Notre travail interroge les pratiques d’humanisation, entendues comme ce qui humanise, rend humain, apporte de l’humanité. Elles concernent des dimensions très générales de la vie humaine (l’éducation, la socialisation, la transmission, la relation) et des activités situées (la construction éthique, les relations sociales et professionnelles, la médecine…). Certes, la notion d’humanisation peut relever du pléonasme, car toute activité humaine, y compris la plus cruelle et déréglée, est… humaine. « Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage », rappelait Montaigne pour condamner le rejet des « autres » dans la sous-humanité.

Mais ce pléonasme apparent désigne aussi une tâche qui, peut-être, définit l’humain : tenter de réaliser une certaine idée de soi, porteuse de principes dits « humanistes », pour que les sociétés, les milieux professionnels, les relations internationales tempèrent leur violence potentielle grâce à des pratiques respectueuses de la personne. Il s’agirait par exemple d’« humaniser » la médecine ou l’économie afin que ces activités ne finissent pas, paradoxalement, par nier l’humain, comme si le meilleur ennemi de l’humain était lui-même.

Nous étudions des exemples tels que : les arts dans la formation médicale pour l’humanisation des soins et la reconnaissance des « questions existentielles »; l’expérience esthétique dans la relation thérapeutique comme reconnaissance intersubjective; le souci de politiques éducatives visant l’humanisation, et non une simple « humanitarisation » que dénonçait Freire et que les études décoloniales ne cessent de révéler; un modèle d’éducation humanisante, propre à Tim Ingold, et aligné sur l’anthropologie; la confrontation des soignants au mystère de l’Autre au moment des fins de vie; la prise en compte des inégalités sociales dans l’humanisation du travail social; l’humanisation du système carcéral par l’art et la culture; l’attention au sujet existant; l’art participatif et décolonialisé, etc.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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