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Au-delà des mesures d’appui pour les personnes autistes : l’expérience de la transition aux études postsecondaires

ML

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Marie-Eve Lefebvre : Université de Montréal

Résumé de la communication

Les transitions de vie sont particulièrement difficiles pour les personnes autistes. En sciences de l’éducation, de nombreuses enquêtes ont porté sur les enfants qui font des transitions vers la maternelle (Gascon et al., 2014; Girard et al., 2019) et l’école secondaire (Beaupré et al., 2017). À l’âge adulte, les sujets dont traite le recherche sont variés, ce qui est à l’image de cette transition vers l’âge adulte : s’intégrer dans une carrière professionnelle (Dumais et al., 2012; Fontaine, 2010), habiter en appartement (Lachapelle et al., 2013), entrer en relation (Michalet et al., 2019), etc. Qu’en est-il de la transition vers les études postsecondaires, une fois que ces élèves accèdent à un statut étudiant ? Au Canada, moins de dix publications ont traité de l’expérience des études postsecondaires chez les étudiants autistes. À ce jour, nos connaissances portent essentiellement sur les services destinés à cette communauté étudiante au collégial et à l’université (Accardo et al., 2019; Gelbar et al., 2014). Issus d’une analyse thématique réalisée dans mes travaux, j’aborderai trois points communs des narratifs des étudiant·e·s autistes: l’importance d’aligner leurs intérêts à leurs études, la nécessité de se créer des stratégies ainsi que la découverte de soi en parallèle à ses études. Ces résultats sont novateurs et nous permettent de proposer des pistes d’amélioration pour l’accès au soutien adapté aux études postsecondaires destinés aux personnes autistes.

Résumé du colloque

Considérant le taux croissant de personnes en situation de handicap, plusieurs lois souhaitent réduire les écarts entre ces individus et ceux dits neurotypiques, notamment dans les milieux scolaires (ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur [MEES], 2020). Dans le cas des personnes autistes, la recherche souligne l’importance de leur participation sociale, alors que celle-ci confère des bienfaits sur leur qualité de vie, leur revenu, leur réseau social et leur bien-être global à court et à long terme (Couture et al., 2020). Or, plusieurs obstacles subsistent pour favoriser leur participation sociale dans le cadre de leur parcours scolaire et d’apprentissage. Que les personnes autistes soient enfants, adolescentes ou adultes, elles éprouvent généralement des difficultés en lien avec les changements et les transitions scolaires, influençant leur rendement scolaire, leur intégration sociale, leur santé mentale et leur bien-être en général (Anderson et al., 2017; Shattuck et al., 2012). Le rôle du personnel dans les milieux scolaires et communautaires devient alors crucial pour tenter de les appuyer, notamment sur le plan scolaire. Les services adaptés offerts incluent : temps supplémentaire durant les examens, soutien pour la prise de notes, passation des évaluations dans un local sans distraction, utilisation de technologies adaptées (Cai et Richdale, 2016). Toutefois, la communauté étudiante autiste revendique également des ressources pour soutenir ses besoins sensoriels et sociaux : réduction du bruit, tenue d’ateliers sur les étiquettes sociales et sensibilisation à la neurodivergence sur les campus postsecondaires (Alverson et al., 2019; Elias et White, 2018). Pour plusieurs équipes de recherche, dont Sosnowy et al. (2018), ces revendications peuvent être entendues avec une communication plus fluide entre la recherche, la pratique et la communauté étudiante autiste, permettant la coconstruction de savoirs scientifiques appuyés sur son expérience.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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