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Thierno Diallo : Université Laval
Les villes ont un rôle important à jouer dans la lutte contre les changements climatiques. Plusieurs d’entre-elles prennent des actions pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). De nombreuses études ont montré que ces actions contribuent à la promotion des saines habitudes de vie et à la santé (co-bénéfices). Le but de cette étude est d’évaluer les co-bénéfices pour la santé et la qualité de vie des politiques urbaines de réduction des GES mises en oeuvre par les autorités de la ville de Genève (Suisse). Elle vise également à aider les décideurs, les praticiens et les professionnels à prendre davantage conscience que la dimension santé peut aider à élaborer ou à soutenir des politiques relatives aux changements climatiques.
Trois projets en relation avec les politiques d’atténuation des changements climatiques ont été identifiés dans les domaines ci-après : aménagement du territoire et transport. Les principaux enjeux examinés sont l’activité physique (mobilité), la qualité de l’air, le bruit et l’énergie. La méthodologie utilisée est celle de l’évaluation d’impact sur la santé.
Les résultats ont montré que les politiques qui favorisent les transports en commun, la mobilité active et les énergies renouvelables sont à la fois favorables à l'environnement (réduction des émissions de CO2 et d'autres polluants) et capables d'apporter des avantages substantiels en termes de promotion des saines habitudes de vie et de la santé
Les habitudes de vie sont les actions que nous entreprenons à l’égard de notre santé, comme pratiquer une activité physique et manger sainement. À l’heure des changements climatiques, la santé humaine est mise à mal, notamment en raison de la détérioration de nos habitudes de vie. En effet, les récents rapports du Lancet concluent que « l’état de santé de la prochaine génération d’humains dépend de la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre et du niveau de résilience des systèmes de santé ». Par exemple, la chaleur extrême a un effet direct sur la physiologie humaine et sur la capacité à être physiquement actif et à bien dormir. De plus, des effets indirects comme les catastrophes naturelles peuvent avoir un impact sur notre alimentation; elles peuvent aussi influencer l’activité physique par la détérioration des infrastructures, des pistes cyclables et des voies piétonnes. Inversement, nos habitudes de vie pourraient elles aussi augmenter notre empreinte carbone (quantité de CO2 rejetée dans l’atmosphère issue d’activités humaines) et avoir une incidence significative sur le changement climatique. En d’autres termes, ce n’est pas parce qu’une habitude de vie est saine qu’elle est durable. À l’échelle individuelle et collective, la littérature montre que les deux actions qui peuvent avoir les plus grandes retombées sur l’atténuation du climat sont : la réduction de la consommation de viande et le passage des déplacements motorisés aux transports actifs. Cela étant, la promotion des habitudes de vie pourrait avoir une contribution importante à l’adaptation au changement climatique si nous continuons à développer des interventions qui misent sur la résilience individuelle et communautaire. Comme nous ne sommes pas tous égaux à l’égard de cette réalité, il demeure impératif de réfléchir à de nouvelles façons de promouvoir de saines habitudes de vie qui peuvent contribuer à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique, en tenant compte des enjeux d’équité.
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