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Amilie Dorval : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Dans l’ensemble de la littérature sur le placement, peu d’attention est accordée aux parents d’origine et ce constat n’est que plus saillant dans les écrits portant plus spécifiquement sur le placement auprès de membres de la famille élargie. Cette conférence propose, à partir de l’expérience des parents d’origine, d’explorer les différentes relations qui se déploient lors d’un placement au sein de la famille. Les résultats présentés sont issus d’une recherche qualitative, utilisant le récit de vie, réalisée auprès de parents d’enfants placés de façon permanente et rapportant ainsi leur perspective et leur vécu en lien avec le placement jusqu’à la majorité de leur enfant. Neuf parents (6 mères et 3 pères) ont été rencontrés à deux reprises. Les résultats montrent que les récits des parents sont traversés par plusieurs relations et apparaissent au cœur de ce type de placement. Deux grands patrons émergent des analyses et révèlent d’un côté, des relations harmonieuses entre la famille d’accueil et le parent ainsi qu’avec la protection de la jeunesse, et d’un autre côté, des parents qui décrivent des relations plus difficiles, voire tendues avec la famille d’accueil ainsi qu’avec la protection de la jeunesse. Il est souhaité de discuter, à partir des résultats présentés, de la place des parents d’origine dans ce type de placement et des liens avec leur enfant. De plus, le rôle de la protection de la jeunesse dans ce type de placement sera réfléchi.
Lorsque la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) intervient dans la vie d’un enfant, un placement en famille d’accueil ou en milieu institutionnel peut être nécessaire pour le protéger. Selon Hélie et al. (2020), 63 % d’une cohorte d’enfants pris en charge par la DPJ en 2007-2008 ont vécu au moins un placement au cours des 9,5 années suivant leur entrée dans les services. Selon le principe du meilleur intérêt de l’enfant, l’intervention doit assurer stabilité et continuité des liens à l’enfant retiré de son milieu familial. Selon le cas, le projet de vie de l’enfant sera d’être réunifié avec ses parents, d’être placé jusqu’à sa majorité, qu’on lui nomme un tuteur ou qu’il soit adopté (MSSS, 2016).
Dans la foulée du rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEPJ) déposé en mai 2021, où un chapitre complet est dédié au fait d’assurer une famille pour la vie aux enfants pris en charge par la DPJ, il est nécessaire d’appuyer les pratiques d’accompagnement et de soutien aux familles d’origine, d’accueil et d’adoption sur des données scientifiques de pointe. C’est précisément la mission que s’est donnée l’Équipe de recherche sur le placement et l’adoption en protection de la jeunesse (ERPAPJ). Sa programmation de recherche se décline en trois axes : 1) la trajectoire de vie des enfants placés ou adoptés; 2) les relations entre les réseaux familiaux entourant l’enfant placé ou adopté; et 3) le système sociojudiciaire et les pratiques régulant le placement et l’adoption. Ces axes s’inscrivent dans un ancrage conceptuel écosystémique (Bronfenbrenner, 1995; 2005; Liao, 2005) ainsi que dans la perspective théorique du parcours de vie, afin de tenir compte de la complexité des liens entre le temps, la trajectoire sociale, le développement individuel, les relations interpersonnelles et le contexte sociohistorique (Elder et al., 2003; Gherghel et Saint-Jacques, 2013).
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