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Cultiver, vivre et habiter autrement le territoire : l’exemple des résistances agricoles et alimentaires au Québec

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Rosalie Rainville : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Depuis le tournant du 21e siècle et particulièrement durant la dernière décennie, se sont multipliés partout dans le monde, mais aussi au Québec, des projets qui, dans des domaines aussi divers que l’élevage, le maraîchage, la viticulture, la forêt ou encore l’apiculture, valorisent des pratiques à petite échelle, plus respectueuses de l’environnement et centrées sur le collectif. À partir d’un travail d’enquête mené auprès d’une trentaine d’acteurs de ces initiatives agricoles et alimentaires « alternatives » dans trois régions québécoises, cette communication entend montrer qu’elles sont porteuses, dans leur diversité, de nouvelles manières de cultiver, de vivre et d’habiter le territoire. Ces initiatives qui tentent de « faire autrement » se caractérisent par des pratiques et des valeurs qui se centrent tout d’abord sur une quête d’autonomie, sur l’importance accordée au lien social et la convivialité ensuite, et enfin sur un nouveau rapport écologique à la terre, à la nature et au vivant. Plus largement, ces modes de vie alternatifs peuvent être interprétés comme des formes de résistances au modèle agroalimentaire industriel productiviste dominant, se heurtant à cet égard à d’importants défis sociaux et politiques comme nous le verrons. Ces initiatives illustrent en définitive, mais non sans difficultés, une transformation sociale en cours autour de nos rapports à la production alimentaire et plus généralement à la subsistance dans un contexte de transition écologique.

Résumé du colloque

Au moment où notre fulgurante entrée dans la sixième extinction de la planète nous presse de réduire notre empreinte écologique, énergétique, agroalimentaire et hydrique, l’actuel modèle de développement sociotechnique, marqué par une concentration inégalée des industries, un abyssal élargissement des écarts et une menaçante dilapidation des ressources, vit une crise profonde. Ainsi, même les systèmes agro-industriels, censés nourrir le monde, contribuent paradoxalement, par leur intensification, à 30 % des émissions de gaz à effet de serre et à l’effondrement de la biodiversité. Sur le plan énergétique, les choix de filières et leur intégration dans des plans globaux, limitant l’accélération des dérèglements climatiques, souffre de sérieux problèmes de retards et de cohérence dont pâtissent tous les secteurs d’activité, notamment les transports et l’habitat. Piégés, nous flirtons ainsi d’un côté avec les menaçantes limites planétaires et leurs périlleux points de bascule, et nous sommes happés, de l’autre, par des conflits armés aux redoutables flambées de coûts énergétiques et alimentaires, voire de pénuries. Comment alors pourrions-nous ignorer d’examiner ensemble les enjeux, les stratégies et les horizons de transitions énergétiques et agroalimentaires ? D’une ampleur inégalée, ces changements structurels toucheront l’ensemble des sociétés et de leur fonctionnement, nécessitant d’importants recadrages des paradigmes à l’œuvre et de solides mesures d’adaptation. Or, la gamme des objectifs et des voies divergentes proposées (frugalité volontaire et modes de vie alternatifs, recours technologiques accrus), voire parfois imposées (politiques incitatives ou « punitives » de réduction de la consommation), mérite d’être examinée, en ce qui touche la sécurité alimentaire et énergétique, les conditions de vie et de santé viables et de vitalité des écosystèmes, des milieux urbains et ruraux, tout en étant contextualisée dans une perspective d’espoir et de bien commun.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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