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Vivian Labrie : Chercheur indépendant
En décembre 2022, Statistique Canada a publié pour la première fois des données évaluant le déficit de couverture des besoins de base au Canada en 2020 selon la mesure du panier de consommation (MPC) qui sert au suivi des situations de pauvreté. Cette publication faisait aussi état du nombre de « paniers » disponibles à chaque ménage selon son seuil MPC, d’un peu plus d’un demi-panier en moyenne pour le dixième le plus pauvre des ménages, à plus de 4,7 paniers pour le dixième le plus riche. Ces quantités, jusque là invisibles dans le calcul des revenus et du produit intérieur brut (PIB), font voir l’importance de prendre en compte l’ensemble de l’échelle des revenus disponibles en direction d’un bien-vivre mieux partagé. Si elles continuent d’être compilées, elles permettront de mieux équiper l’action citoyenne et l’action publique dans cette direction. Il aura fallu vingt-cinq ans pour que la notion de « dépense intérieure dure » (ce qu’on prend dans sa vie et son espérance de vie quand l’argent manque pour le nécessaire), venue d’un groupe de personnes en situation de pauvreté se préparant en 1998 à un dialogue ministériel sur les finances publiques, conduise à la prise en compte de ce déficit vital dans une publication officielle. Par quel parcours conceptuel ? Avec quels relais ? Il sera question de points aveugles de la science, de privilèges épistémiques à la marge des idées reçues, des conditions d’une reconnaissance scientifique, et de la persévérance nécessaire.
Le Québec détient une riche histoire de recherche sociale dans le champ de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, marquée notamment par des projets lancés conjointement par le monde universitaire et le milieu communautaire, voire portés par ce dernier. Ces projets mobilisent souvent des approches participatives au sens où ils impliquent des personnes ayant été ou vivant en situation de pauvreté à plusieurs ou à toutes les étapes de leur déroulement. Une idée forte qui sous-tend ces travaux est que le dialogue entre les savoirs scientifiques sur la pauvreté, ceux issus de l’intervention auprès des personnes en situation de pauvreté et ceux qui le sont de l’expérience de ces personnes elles-mêmes favorise la compréhension, mais aussi l’ajustement des interventions sur les processus vécus. Sur le plan méthodologique, un tel dialogue implique que la parole de l’ensemble des personnes peut s’exprimer avec le moins d’entraves possible et est prise en compte à sa juste valeur.
Les questions suivantes sont au cœur de nos discussions :
Ce colloque offre ainsi l’occasion de partager des expériences et de faire un bilan de plusieurs projets de recherche universitaires et communautaires, impliquant des personnes en situation de pauvreté, en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale au Québec et ailleurs à l’international.
Titre du colloque :