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De l’émergence du symbolique dans le champ sacramentel : hommage théologique à une femme inconnue

ÂC

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Ângelo Cardita : Université Laval

Résumé de la communication

On sait très peu à propos de Suzanne Billault. Elle est présentée dans la préface de son livre sur les sacrements chrétiens comme une « mademoiselle » ayant œuvré en catéchèse pendant trente ans. L’ouvrage est également peu connu, n’ayant pas fait l’objet de recensions dans les pages des revues de la spécialité. Pourquoi, alors, se pencher sur une auteure inconnue et sur un livre oublié? C’est que cet ouvrage témoigne du déplacement de la sacramentaire du terrain de la causalité métaphysique vers celui de l’efficacité symbolique des actes rituels. Il participe du nouveau paradigme liturgique mis de l'avant par Louis-Marie Chauvet. Cependant, ce proéminent auteur ne semble pas connaître le livre de Billault, qui pourtant anticipe sa propre perspective. La syntonie entre les deux travaux s’établit sans efforts. Le parallélisme des titres est frappant : Du synthème au signe – du symbole au sacrement (Billault); Symbole et sacrement (Chauvet). Dans les deux cas, on observe une similaire ouverture à l’interdisciplinarité, une similaire plongée dans l’herméneutique symbolique, et une similaire perception du sacrament, mis en relation avec la Parole (ou l’Évangile) et l’éthique (ou la charité). Dans notre communication, nous mettrons en valeur la pensée de Suzanne Billault par rapport au paradigme symbolique. Il s’agira, plus radicalement encore, de contribuer à la réécriture de l’histoire de la théologie, montrant qu’un tel paradigme trouve une assise fondamentale chez Billault.

Résumé du colloque

Le champ des études rituelles témoigne d’un phénomène d’invisibilisation de la femme. On reconnaît volontiers les contributions décisives d’auteurs tels que Marcel Mauss, Victor Turner, Gregory Bateson, oubliant les femmes ayant œuvré avec eux. Mauss a initié avec succès des femmes au monde de la recherche anthropologique, dont Germaine Dieterlein et Denise Paume. Edith Turner a, pour sa part, accompagné son mari, Victor Turner, dans le cadre de son enquête de terrain auprès des Ndenbus en Afrique, y retournant après son décès pour reprendre la recherche. Mary Catherine Bateson, anthropologue comme son père, risque d’être connue plus par les fameux « métalogues » avec son père que par ses propres contributions, dont notamment son regard sur la vie des femmes. Ce phénomène réclame une prise de conscience critique et une mise en valeur du rôle et des contributions des femmes pour l’émergence, la constitution et le développement des études rituelles. À titre d’exemple, aux noms de Mary Douglas et de Catherine Bell, nous souhaitons ajouter les noms d’autres femmes pionnières oubliées ayant contribué à façonner les études rituelles avec de recherches originales. Avec Susanne Langer et Judith Butler, il est possible de mettre en valeur les apports interdisciplinaires des femmes. Avec Hélène Lubienska de Lenval et Marjorie Procter-Smith, le potentiel critique du regard féminin sur les rites religieux peut être revisité. Avec Marina Abramović, enfin, l’audace de l’invention rituelle et performative peut gagner un nouvel élan. Le point focal de notre colloque est la mise en valeur de l’originalité et de l’audace des contributions féminines aux études rituelles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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