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Geraldine Layani : Université de Montréal
La trajectoire INMED (INterprofessional Management and Education in Diabetes care) a été implantée dans deux groupes de médecine de famille au Québec, pour améliorer l'organisation des soins du diabète. L'une des principales composantes d’INMED est d'améliorer l'accès aux services communautaires par la collaboration intersectorielle entre les équipes de soins et la communauté. L’objectif de cette étude est d’évaluer les effets de l’action en partenariat intersectoriel selon le cadre de Bilodeau afin d’opérationnaliser une trajectoire communautaire pour les personnes vivant avec le diabète de type 2. Mobilisant une méthodologie de recherche action participative, tous les partenaires ont été rencontrés lors de rencontres régulières hebdomadaires et un comité de projet s’est réuni aux trois mois. Les notes des rencontres ont été analysées selon les 12 résultats transitoires du cadre de Bilodeau. Des rencontres individuelles ont aussi été effectuées pour évaluer l’acceptabilité de la démarche et les analyses ont été réalisées en utilisant la théorie de l’acteur réseau. Les participants se sont engagés dans un processus de collaboration intersectorielle en douze étapes pour établir des priorités communes, briser les silos existants, mieux se connaitre, et améliorer la collaboration entre les soins et le communautaire. La collaboration intersectorielle a facilité l’opérationnalisation d’une trajectoire communautaire et favorisé un changement de culture organisationnelle.
Les démarches visant la transformation des trajectoires de soins, par l’infusion d’innovations cliniques, technologiques, organisationnelles et sociales, ont fait l’objet d’un intérêt croissant de la part des gestionnaires et des chercheurs du domaine de la santé et des services sociaux dans le monde entier. Bien que le concept soit bien décrit dans la littérature (Seys et coll., 2019; Gartner et coll., 2022), la plupart des études demeurent conçues, implantées et évaluées pour répondre à des réalités locales. De plus, ces programmes restent encore décevants dans leurs résultats au regard des ressources investies et de leurs potentiels anticipés (Lachman et coll., 2020). Dans une logique de systèmes de santé apprenants, elles restent décevantes du fait du peu de possibilités de les répliquer ailleurs. Il devient alors essentiel de clarifier les facteurs clés de succès nécessaires à la réplication de ces démarches fondées sur l’innovation, au sein d’espaces contrôlés, mais aussi d’expliciter les mécanismes et les infrastructures permettant leur diffusion à grande échelle. C’est pourquoi nous jugeons pertinent et nécessaire de nous tourner vers les approches théoriques se référant à la science de l’implantation et à la science de la mise à l’échelle (Greenhalgh et Papoutsi, 2019) et de nous enquérir des façons les plus appropriées de répliquer les innovations infusées dans les trajectoires de soins dont les résultats sont démontrés par des données probantes au sein du système de santé et des services sociaux. Nous nous intéressons notamment aux :
1) modèles de gestion (interorganisationnels et intersectoriels) visant l’amélioration des trajectoires de soins à l’échelle du système;
2) méthodes de soutien au changement à tous les niveaux (macro/méso/micro);
3) modèles d’évaluation de la performance dans une perspective de systèmes de santé apprenants;
4) outils et méthodes de réplication et de mise à l’échelle des programmes de trajectoires de soins et des innovations générées.
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