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Vanessa Lecompte : CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal
Les résultats présentés sont issus d’une base de données administrative d’enfants réunifiés (n = 149). L’objectif du projet est de mieux comprendre l’évolution des difficultés de l’enfant au cours du processus de réunification familiale en fonction des difficultés de fonctionnement du parent et en contrôlant pour certaines caractéristiques liées au placement. Les difficultés de fonctionnement de l’enfant (présence/absence) ont été notées par l’intervenant assigné au dossier de l’enfant au T1 (durant le placement), au T2 (au moment de la réunification) et au T3 (après la réunification). Les difficultés du parent ont été rapportées aux mêmes temps de mesures et les caractéristiques liées au placement ont été rapportées au T1. Des Estimations d’Équations Généralisées (EEG) ont été conduites pour chaque indicateur de difficultés de l’enfant en incluant l’effet des difficultés parentales, une variable Temps et les covariables. Afin de prendre en compte le développement de l’enfant, les modèles d’EEG ont été conduits en deux temps; pour les enfants âgés de 0 à 9 ans et pour les enfants âgés de 10 ans et plus. Sommairement, les résultats mettent en lumière l’influence des difficultés du parent et des caractéristiques de placement sur l’adaptation de l’enfant durant le processus de réunification. L’influence de ces sources d’adversité sur le fonctionnement de l’enfant persiste au-delà du retour à la maison. L’importance d’une intervention qui se maintient dans le temps sera abordée.
Lorsque la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) intervient dans la vie d’un enfant, un placement en famille d’accueil ou en milieu institutionnel peut être nécessaire pour le protéger. Selon Hélie et al. (2020), 63 % d’une cohorte d’enfants pris en charge par la DPJ en 2007-2008 ont vécu au moins un placement au cours des 9,5 années suivant leur entrée dans les services. Selon le principe du meilleur intérêt de l’enfant, l’intervention doit assurer stabilité et continuité des liens à l’enfant retiré de son milieu familial. Selon le cas, le projet de vie de l’enfant sera d’être réunifié avec ses parents, d’être placé jusqu’à sa majorité, qu’on lui nomme un tuteur ou qu’il soit adopté (MSSS, 2016).
Dans la foulée du rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEPJ) déposé en mai 2021, où un chapitre complet est dédié au fait d’assurer une famille pour la vie aux enfants pris en charge par la DPJ, il est nécessaire d’appuyer les pratiques d’accompagnement et de soutien aux familles d’origine, d’accueil et d’adoption sur des données scientifiques de pointe. C’est précisément la mission que s’est donnée l’Équipe de recherche sur le placement et l’adoption en protection de la jeunesse (ERPAPJ). Sa programmation de recherche se décline en trois axes : 1) la trajectoire de vie des enfants placés ou adoptés; 2) les relations entre les réseaux familiaux entourant l’enfant placé ou adopté; et 3) le système sociojudiciaire et les pratiques régulant le placement et l’adoption. Ces axes s’inscrivent dans un ancrage conceptuel écosystémique (Bronfenbrenner, 1995; 2005; Liao, 2005) ainsi que dans la perspective théorique du parcours de vie, afin de tenir compte de la complexité des liens entre le temps, la trajectoire sociale, le développement individuel, les relations interpersonnelles et le contexte sociohistorique (Elder et al., 2003; Gherghel et Saint-Jacques, 2013).
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