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Jacques Moriau : Université libre de Bruxelles
Comment un savoir en vient-il « à compter » (Puig de la Bellacasa et Moriau, 2005) ? Pour qui ? En nécessitant quel travail parallèle sur son contexte de production, de réception et d’usage ?
A partir de plusieurs expériences concrètes de recherche collaborative dans le secteur social/santé (recherche-action participative, carrefour des savoirs, café du monde), nous voulons interroger les conditions pratiques de la production, de la reconnaissance et de l’effectivité de savoirs minorés. La réflexion sur les postures de recherche adéquates à l’atteinte de ces objectifs (Chauvier, 2017) sera au centre de notre contribution.
Nous proposons une réflexion qui porte à la fois sur la façon dont nous, chercheurs, pouvons aider à l’expression des savoirs professionnels et expérientiels, mais aussi sur la façon dont notre intervention peut également contribuer à les minorer, voire à les instrumentaliser, que ce soit, par exemple, par les conditions de leur réception, leur mise en forme, leur articulation avec des savoirs théoriques ou académiques ou leur transformation inadéquate en pratiques de terrain ou en politiques publiques. Nous désirons aussi réfléchir les conditions, égales ou différentes, qui permettent de faire de chaque type de savoir, des savoirs robustes, communs et opposables.
Le Québec détient une riche histoire de recherche sociale dans le champ de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, marquée notamment par des projets lancés conjointement par le monde universitaire et le milieu communautaire, voire portés par ce dernier. Ces projets mobilisent souvent des approches participatives au sens où ils impliquent des personnes ayant été ou vivant en situation de pauvreté à plusieurs ou à toutes les étapes de leur déroulement. Une idée forte qui sous-tend ces travaux est que le dialogue entre les savoirs scientifiques sur la pauvreté, ceux issus de l’intervention auprès des personnes en situation de pauvreté et ceux qui le sont de l’expérience de ces personnes elles-mêmes favorise la compréhension, mais aussi l’ajustement des interventions sur les processus vécus. Sur le plan méthodologique, un tel dialogue implique que la parole de l’ensemble des personnes peut s’exprimer avec le moins d’entraves possible et est prise en compte à sa juste valeur.
Les questions suivantes sont au cœur de nos discussions :
Ce colloque offre ainsi l’occasion de partager des expériences et de faire un bilan de plusieurs projets de recherche universitaires et communautaires, impliquant des personnes en situation de pauvreté, en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale au Québec et ailleurs à l’international.
Titre du colloque :