pen icon Colloque
quote

Enjeux épistémologiques autour de la catégorisation des savoirs "traditionnels" et scientifiques

MG

Membre a labase

Mathilde Gouin-Bonenfant : University of Cambridge

Résumé de la communication

Cette communication s’intéressera aux enjeux épistémologiques autour de la catégorisation des savoirs dits traditionnels et de ceux considérés comme scientifiques. Je présenterai premièrement différentes critiques de cette dichotomie au niveau théorique (Agrawal, 1995; Ellen, 2004; Harding, 1997). Puis, me basant sur mes recherches doctorales en cours au Sénégal, j’ancrerai ces critiques dans la pratique et, plus précisément, dans la question de la reconnaissance et de la valorisation des savoirs dits traditionnels dans les projets de coopération internationale à portée environnementale. Je présenterai des façons alternatives de situer différentes formes de savoirs dans l’écosystème de relations dans lequel s’inscrivent les ONG environnementales.


Résumé du colloque

Ce colloque s’inscrit dans une perspective critique, décoloniale et pluriverselle, et vise à réfléchir aux savoirs, pratiques et expertises des communautés engagées dans les programmes de développement international. Il s’agit également de mettre de l’avant des perspectives plurielles (sociologique, anthropologique, politique, culturelle, géographique, économique, philosophique) pour permettre une meilleure compréhension des enjeux et des défis liés à la prise en compte des savoirs traditionnels dans les projets de développement international.

Pour répondre aux enjeux environnementaux et climatiques actuels, les organismes nationaux, internationaux et non gouvernementaux (ONG) tentent de mettre en place (ou de renforcer) des modes de gestion et de gouvernance environnementale « plus durables », en lien avec les agendas internationaux. Toutefois, les communautés engagées dans ces programmes disposent déjà de savoirs en lien avec leurs territoires, avec les ressources qui s’y trouvent, ainsi qu’avec les façons d’entrer en relation avec ceux-ci. Aussi ce constat ne peut-il manquer d’aboutir à une réflexion critique sur les relations entre, d’une part, les programmes des bailleurs de fonds et de leurs organismes partenaires et, d’autre part, les connaissances et les expertises des communautés sur leurs propres réalités territoriales.

Sur le plan politique, de nombreuses conventions reconnaissent que les communautés autochtones et locales dépendent très étroitement de leur environnement naturel et des ressources matérielles et immatérielles qui en sont issues. Elles reconnaissent aussi que plusieurs territoires sont protégés, conservés et gérés durablement grâce aux savoir-faire que les communautés locales ont su développer. En 1993, la Convention sur la diversité biologique (CDB) a considéré les savoirs traditionnels comme un patrimoine commun de l’humanité et a proposé, avec le protocole de Nagoya qui s’en est suivi, un partage équitable des avantages découlant de la conservation et de l’utilisation durable de la diversité biologique. Dans cette optique, les savoirs traditionnels feraient référence aux « connaissances, pratiques et philosophies développées par des sociétés ayant une longue histoire d’interaction avec leur environnement naturel » (UNESCO, Savoirs locaux, objectifs globaux, 2017, p. 1).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Harry Ozier-Lafontaine
section icon Date : 10 mai 2023

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :