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Étude comparative des collocations à partir d’un corpus spécialisé en environnement et d’un corpus général

ZH

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Zhiwei Han : Université de Montréal

Résumé de la communication

Cette communication présente une étude comparative des collocations relevées à partir d’un corpus spécialisé portant sur la biodiversité et d’un corpus général. Inspirée de L’Homm et et Azoulay (2020) qui s’attardent sur la comparaison des collocations anglaises dans un corpus général et un corpus en environnement, nous adoptons une perspective sémantique pour explorer les similitudes et différences entre des collocations françaises apparaissant dans des discours de nature différente. Nous soumettons le corpus spécialisé à TermoStat pour en extraire 15 unités terminologiques (UT) ayant un ou plusieurs sens spécialisés. Pour chaque UT, nous sélectionnons 30 collocations à partir d’une liste de combinaisons lexicales générée automatiquement par Sketch Engine dans chacun des deux corpus. Les collocations sont ensuite analysées de façon comparative sous différents aspects : la distinction sémantique des UT, la convergence et la divergence des collocatifs, le regroupement des collocatifs en classes sémantiques et l’encodage des collocations à l’aide des fonctions lexicales (Mel’čuk et Polguère, 2021). Notre analyse permet de constater le lien étroit entre les propriétés sémantiques des termes et leur comportement collocationnel. Ce travail fournit des pistes de réflexion sur la description méthodique des collocations en français langue de spécialité afin de les transposer en objet d’enseignement (Carras et Álvarez Martínez, 2022).

Résumé du colloque

Les phraséologismes (aussi appelés unités phraséologiques ou phrasèmes) sont des séquences :
– polylexicales, c’est-à-dire qu’elles sont formées d’au moins deux unités utilisées, avec une certaine récurrence, en contiguïté ou à proximité dans les textes (p. ex. au Québec, coûter une beurrée, en France et en Suisse, coûter bonbon, en Belgique, coûter un os; Lamiroy et al., 2010, p. 33-34);
– préfabriquées d’un point de vue cognitif. Il y a mémorisation « connectée » des unités figurant dans leur signifiant;
– contraintes sur le plan paradigmatique. Les unités en présence ne commutent pas librement avec d’autres unités de sens proche (p. ex. : *coûter une tranche). D’autres contraintes peuvent s’ajouter, notamment d’ordre syntaxique (p. ex. : impossibilité de passiver, d’introduire une négation) et pragmatique (p. ex. : l’affiche apportez votre vin sera placée bien en vue à l’entrée d’un restaurant au Québec).

La vaste classe des phraséologismes n’est pas unifiée. À titre indicatif, Iordanskaja et Mel’čuk (2017) proposent une typologie des phrasèmes qui compte, à son extrémité inférieure, 10 sous-classes aux propriétés sémantico-pragmatiques clairement délimitées (cf. locutions fortes, semi-locutions, locutions faibles, collocations standard, collocations non standard, nominèmes, pseudo-nominèmes, termèmes, formulèmes, sentencèmes).

Le colloque est l’occasion de réfléchir aux phraséologismes, dans toute leur complexité, en établissant un lien explicite avec la problématique de la variation, de l’innovation et du changement linguistique – en français ou dans une autre langue. Cette problématique, centrale dans les annales linguistiques depuis plusieurs décennies, est demeurée dans le champ de vision périphérique des phraséologues – du moins des phraséologues spécialistes du français – à l’exception de quelques cas notables (p. ex. : Lamiroy et al., 2010 et Lamiroy, 2020 sur les expressions verbales de la francophonie; voir aussi Cahiers de lexicologie, no 116, 2020).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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