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Gouverner la frontière bionumérique : analyses prospectives, évaluation et encadrement des technologies émergentes aux impacts sur l'alimentation, l'agriculture et la biodiversité

JT

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Jim Thomas : ETC Group

Résumé de la communication

Ce que le Forum économique mondial nomme "la quatrième révolution industrielle" est en train de transformer tous les secteurs de l'économie mondiale. L'approche sous-jacente axée sur une mise en place rapide a pour effet de détruire d’importants biens communs, relations et droits. De nouvelles stratégies bio-numériques sont appliquées à la chaîne agroalimentaire, à la conservation et la gestion de la biodiversité. En re-conceptualisant la biologie en données, des données génomiques à celles des systèmes terrestres, et en appliquant l'intelligence artificielle, la robotique et la génomique, les entreprises et les gouvernements peuvent concevoir et diriger des systèmes de contrôle cyber-physiques afin de redessiner et de manipuler les systèmes alimentaires et terrestres. Cette bio-digitalisation accélérée posant de nouvelles menaces pour les paysans, les agriculteurs, les peuples indigènes et la biodiversité, nous examinerons donc les contre-mouvements actuels dans la société civile et les instances internationales. Alors que le Sommet de l’avenir des Nations Unies en 2024 sera centré sur la gouvernance technologique, la Convention sur la diversité biologique, le Comité de la sécurité alimentaire mondiale, le Forum sur la science, la technologie et l'innovation des Nations Unies et le Comité sur la technologie au service du développement durable se penchent actuellement sur l’évaluation et la gouvernance technologiques fondées sur le principe de précaution et les droits.

Résumé du colloque

Au moment où notre fulgurante entrée dans la sixième extinction de la planète nous presse de réduire notre empreinte écologique, énergétique, agroalimentaire et hydrique, l’actuel modèle de développement sociotechnique, marqué par une concentration inégalée des industries, un abyssal élargissement des écarts et une menaçante dilapidation des ressources, vit une crise profonde. Ainsi, même les systèmes agro-industriels, censés nourrir le monde, contribuent paradoxalement, par leur intensification, à 30 % des émissions de gaz à effet de serre et à l’effondrement de la biodiversité. Sur le plan énergétique, les choix de filières et leur intégration dans des plans globaux, limitant l’accélération des dérèglements climatiques, souffre de sérieux problèmes de retards et de cohérence dont pâtissent tous les secteurs d’activité, notamment les transports et l’habitat. Piégés, nous flirtons ainsi d’un côté avec les menaçantes limites planétaires et leurs périlleux points de bascule, et nous sommes happés, de l’autre, par des conflits armés aux redoutables flambées de coûts énergétiques et alimentaires, voire de pénuries. Comment alors pourrions-nous ignorer d’examiner ensemble les enjeux, les stratégies et les horizons de transitions énergétiques et agroalimentaires ? D’une ampleur inégalée, ces changements structurels toucheront l’ensemble des sociétés et de leur fonctionnement, nécessitant d’importants recadrages des paradigmes à l’œuvre et de solides mesures d’adaptation. Or, la gamme des objectifs et des voies divergentes proposées (frugalité volontaire et modes de vie alternatifs, recours technologiques accrus), voire parfois imposées (politiques incitatives ou « punitives » de réduction de la consommation), mérite d’être examinée, en ce qui touche la sécurité alimentaire et énergétique, les conditions de vie et de santé viables et de vitalité des écosystèmes, des milieux urbains et ruraux, tout en étant contextualisée dans une perspective d’espoir et de bien commun.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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