Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Caroline Pasté : Collège Jules Ferry
Engagés dans un projet LéA depuis 2017, nous constatons qu’en construisant ensemble notre objet de recherche, nous avons renforcé notre collectif grâce à une attention constante portée à nos modalités de travail. Dans une première période, la construction du collectif était une préoccupation première pour construire un objet commun. Dans un second temps, la collaboration s’est mise au service d’un traitement nouveau de l’objet de recherche (groupe de codéveloppement, plateforme collaborative…). Nous proposons de documenter ce constat pour montrer comment nos outils et nos méthodes ont redistribué les places et les rôles de chacun.
Historiquement, l’interaction entre les milieux de la recherche et de la pratique s’est développée de façon hiérarchique, en raison de la posture d’autorité conférée aux chercheurs par leur statut d’experts (Anadón et Couture, 2007; Bélanger Sabourin et Morrissette, 2022; Hooper et Brandt Britnell, 2012). Or, depuis 40 ans, sous l’impulsion de figures de proue comme John Goodlad et Ann Lieberman ainsi que Nadine Bednarz et Serge Desgagné, on assiste à un changement dans la façon de mener la recherche en éducation. C’est une relation plus égalitaire et complémentaire dont il est question (Penuel et Gallagher, 2017), sous l’égide du paradigme de la recherche participative.
La famille des approches participatives est vaste (Anadón et Couture, 2007; Bray, Lee, Smith et Yorks, 2000; Heron et Reason, 2008). Elle se décline notamment en recherche-action (Anadón et Savoie-Zajc, 2007), recherche collaborative (Desgagné et al., 2001), design-based research (Brown, 1992; Breuleux, Erickson, Laferrière et Lamon, 2002), recherche-action-formation (Paillé, 1994; Prud’homme, 2007), recherche-développement (Loiselle et Harvey, 2007), codesign (Voogt et al., 2015) ainsi que plusieurs autres variantes. Chacune possède ses spécificités. Bourrassa et al. (2017) ainsi que Lapointe et Morrissette (2017) rappellent qu’elles ont aussi des points communs : visée d’amélioration d’une situation, de transformation des pratiques, de développement professionnel, de production de connaissances et de résolution de problème.
En raison de leur vocation, la résultante des recherches participatives se présente souvent sous la forme de retombées pratiques (développement professionnel des intervenants, apprentissage des élèves, conception d’outils ou de matériels, etc.). Elle s’intéresse moins aux processus en jeu pendant que les chercheurs et intervenants des milieux scolaires travaillent ensemble (Chan et Clark, 2014; Coburn et Penuel, 2016). Ce sont ces aspects processuels qui sont au cœur de notre colloque. Plus précisément, nous souhaitons discuter de sujets comme les suivants : l’influence des attentes; la négociation d’un objet; les rôles des acteurs; le travail de médiation; l’agentivité; la relation de confiance entre les collaborateurs; la modélisation de la démarche de recherche; la construction identitaire; les mécanismes de valorisation des savoirs; le flux d’information et de savoirs; la résolution des tensions, etc.
Le format du colloque combine de brèves présentations suivies de discussions en plénière. Les présentations peuvent porter sur des résultats empiriques, des réflexions théoriques ou méthodologiques, l’explication de dispositifs de collecte ou d’analyse de données, des témoignages expérientiels.
Les chercheurs sont conviés à impliquer, d’une manière ou d’une autre, un intervenant des milieux scolaires avec qui ils ont travaillé.
Titre du colloque :