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Inclure les expériences d’adversité et de résilience des personnes étudiant en travail social dans leur formation

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Marie Beauchesne : Université Laval

Résumé de la communication

Les personnes étudiant en travail social sont susceptibles, plus que d’autres, d’avoir vécu plusieurs expériences d’adversité (Thomas, 2016). Si celles-ci les mettent à risque de développer des difficultés, certaines recherches mettent en avant les atouts que ces expériences d’adversité, et de résilience qui s’y rattache, peuvent représenter à l’égard de l’intervention en travail social (Newcomb et al., 2019). Plus encore, ces expériences seraient déterminantes dans le développement de l’identité professionnelle et susceptibles de les soutenir dans leur difficile fonction auprès des personnes en situation de détresse et de vulnérabilité. La notion d’utilisation de soi est présentée aux futures travailleuses sociales comme un jalon dans le développement de leur pratique. Néanmoins, cette notion demeure floue et est, traditionnellement, présentée d’une manière dichotomique, en séparant, sans bien les distinguer, ce qui devrait relever du professionnel ou du privé (Newcomb et al., 2020). Dans la perspective d’une humanisation à la fois de la formation et de la pratique en travail social, nous présenterons une vision relationnelle et réciproque de l’utilisation de soi (Ganzer, 2007). Cette vision mettra de l’avant la prise en compte des expériences d’adversité et de résilience des étudiantes en travail social dans leur formation comme pas vers la déstigmatisation reliée à ces expériences, et ouverture empathique réciproque et anti-oppressive, avec les personnes accompagnées.

Résumé du colloque

Notre travail interroge les pratiques d’humanisation, entendues comme ce qui humanise, rend humain, apporte de l’humanité. Elles concernent des dimensions très générales de la vie humaine (l’éducation, la socialisation, la transmission, la relation) et des activités situées (la construction éthique, les relations sociales et professionnelles, la médecine…). Certes, la notion d’humanisation peut relever du pléonasme, car toute activité humaine, y compris la plus cruelle et déréglée, est… humaine. « Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage », rappelait Montaigne pour condamner le rejet des « autres » dans la sous-humanité.

Mais ce pléonasme apparent désigne aussi une tâche qui, peut-être, définit l’humain : tenter de réaliser une certaine idée de soi, porteuse de principes dits « humanistes », pour que les sociétés, les milieux professionnels, les relations internationales tempèrent leur violence potentielle grâce à des pratiques respectueuses de la personne. Il s’agirait par exemple d’« humaniser » la médecine ou l’économie afin que ces activités ne finissent pas, paradoxalement, par nier l’humain, comme si le meilleur ennemi de l’humain était lui-même.

Nous étudions des exemples tels que : les arts dans la formation médicale pour l’humanisation des soins et la reconnaissance des « questions existentielles »; l’expérience esthétique dans la relation thérapeutique comme reconnaissance intersubjective; le souci de politiques éducatives visant l’humanisation, et non une simple « humanitarisation » que dénonçait Freire et que les études décoloniales ne cessent de révéler; un modèle d’éducation humanisante, propre à Tim Ingold, et aligné sur l’anthropologie; la confrontation des soignants au mystère de l’Autre au moment des fins de vie; la prise en compte des inégalités sociales dans l’humanisation du travail social; l’humanisation du système carcéral par l’art et la culture; l’attention au sujet existant; l’art participatif et décolonialisé, etc.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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