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Thierry Lefèvre : Université Laval
Les innovations technologiques contribuent à améliorer les conditions de vie, décarboner les activités humaines et renforcer l’efficacité des moyens de production et des produits de consommation. Mais, par leur rôle sur la croissance économique et la consommation, les innovations technologiques contribuent aussi à accroître l’empreinte environnementale globale. L’impact social est de plus peu considéré lors du processus d’innovation. La recherche académique représente un des acteurs de changement importants de l’écosystème d’innovation. Mais comment réussir à intégrer le développement durable (DD) en science, technologie et innovation (STI), davantage tourné vers les performances des innovations, que vers leur impact social et leur rôle sur le consumérisme? Cette question est peu étudiée dans la littérature, qui se focalise surtout sur le rôle des établissements d’enseignement supérieur et sur celui de l’enseignement, mais peu sur celui de la recherche. Hormis quelques travaux destinés aux ingénieurs, peu visent la recherche universitaire en STI.
Ancré dans une vision forte de la soutenabilité, ce travail rapporte une revue de littérature sur les caractéristiques d’une recherche en STI compatible avec le DD et sur les actions permettant d’y parvenir. Des recommandations en sont tirées, ainsi que les difficultés, les limites et les avantages de leur mise en œuvre. Des avenues de recherche interdisciplinaire et de maillage entre sciences sociales et STI seront discutées.
À la lumière des nombreuses tendances qui influent sur la pratique de l’ingénierie, un récent rapport de l’Ordre des ingénieurs du Québec (2021) soutient que les diplômé·e·s devront non seulement maîtriser des compétences techniques inhérentes à leur discipline, mais devront également déployer de nombreuses autres compétences relevant davantage du champ des sciences sociales et humaines. Le rôle des ingénieur·e·s ne se limite donc plus à la compréhension et à la maîtrise des enjeux techniques, mais englobent également des enjeux sociaux.
Cet appel à un élargissement des compétences pose plusieurs défis dans le contexte universitaire dominé par la spécialisation. Certes, l’interdisciplinarité s’impose comme une voie prometteuse pour développer une compréhension fine des enjeux de la société (Prud’homme, Larivière, Gingras, 2017), mais les pratiques restent encore peu documentées, et c’est particulièrement le cas du maillage entre le génie et les sciences sociales.
En tant que professeur·e·s et chercheur·se·s ayant reçu une formation en sciences sociales et œuvrant à Polytechnique Montréal, nous proposons de tenir un colloque sur le thème de l’interdisciplinarité entre le génie et les sciences sociales et humaines en s’intéressant à la fois aux activités d’enseignement et de recherche. Notre objectif est de rassembler des professeur·e·s, des chercheur·se·s, des étudiant·e·s, des intervenant·e·s institutionnels et industriels pour discuter des défis et occasions que pose le maillage interdisciplinaire.
Plusieurs questions seront explorées dans le cadre de ce colloque : quel portrait peut-on faire du maillage actuel entre sciences sociales et génie ? Quelle forme prend l’interdisciplinarité entre ces deux champs de connaissances dans les programmes d’enseignement ? Quels sont les bénéfices et les limites de la recherche interdisciplinaire, et comment la favoriser ?
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Thème du colloque :