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Joker et Black Panther comme figures d'ambivalences et d'ancrages politiques

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Claude Denis : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

La sortie en salles du Joker (2019) est arrivée en pleine montée en puissance de l’alt-right et du mouvement incel pendant la présidence de Donald Trump. Sans surprise, la trajectoire du personnage de Phoenix et son rôle d’étincelle dans l’explosion sociale à Gotham ont immédiatement été associés à ces mouvements. Le même film, presque dix ans plus tôt, aurait pourtant fait écho aux thèses anti-capitalistes d’Occupy Wall Street - la violence de Joker mise à part. Cette ambivalence de Joker est révélatrice de l’instabilité idéologique de nombreux super-héros et super-vilains. Black Panther (2018) a été reçu comme politiquement univoque, et à gauche: en célébrant un héros Noir et Africain, ainsi que son royaume africain hyper-avancé, il fonctionne comme une affirmation qu’aux États-Unis Black lives (must) matter. Figure christique, faisant écho au martyre de milliers de Noirs américains par lynching, le Black Panther est un triomphe - comme on en faisait aux généraux romains victorieux à la guerre. Que penser alors, de l’anti-héros Erik Killmonger et de sa sensibilité politique « Black Nationalist » évocatrice des vrais Black Panthers et formulant des revendications tout-à-fait actuelles? Prenant Joker comme point de départ et Black Panther comme contrepoint, et suivant leurs fils conducteurs, cette communication explore la complexité et l’ambivalence politiques dans les films de super-héros et dans le rapport entre eux et notre propre multivers politique.

Résumé du colloque

L’univers des superhéros prend désormais une place considérable dans l’univers culturel et social des Québécois. Qu’il soit adapté à l’écran ou qu’il se révèle sur papier, au moyen des créations cinématographiques à grand déploiement, des séries télévisées, des bandes dessinées, des romans, etc., il semble appartenir désormais à l’imaginaire culturel québécois. Si les productions issues de cet univers s’avèrent majoritairement américaines, les superhéros et le monde dans lequel ils s’articulent demeurent nonobstant significatifs dans l’univers social québécois. Dès lors, il s’avère important de questionner dans quelle mesure l’analyse du cosmos superhéroïque peut être fructueuse pour consolider et développer les savoirs dans les sciences sociales. Dans quelle mesure est-il pertinent de s’appuyer sur un univers issu des comics et est-ce que cela peut effectivement permettre de porter un regard nouveau et pénétrant pour l’étude de la représentation des rapports sociaux ? Un colloque permettant de libérer un espace de recherche et de découverte centré sur l’univers des superhéros pourrait dès lors permettre de répondre à cette question, ainsi qu’à plusieurs autres. Dans quelle mesure l’univers des superhéros, mais également celui des supervilains, est-il un objet social en soi, et dans quelle mesure cet univers est-il un outil d’analyse pertinent, et peut-être même un outil d’enseignement dans un cadre pédagogique en sciences humaines et sociales ? Est-il plausible que le monde politique et social dépeint dans l’univers des superhéros puisse mettre au jour, dans le monde qui nous est contemporain, certaines subtilités dans la manière dont sont configurées nos relations sociales, et plus largement certains des rapports sociaux animant notre société ? Dans un esprit dialogique, dans quelle mesure la reconfiguration des rapports sociaux dans le monde réel est-elle à même de transformer les produits de l’univers des superhéros ?

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Dave Poitras
section icon Date : 10 mai 2023

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