Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Hind Aboussikine : Conservatoire national des arts et métiers
Si la mobilité est incluse dans les débats sur la ville durable depuis la charte d’Aalborg signée en 1994, elle constitue un objet nouveau en milieu rural. En 2019, l’adoption par le parlement de la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) en France a transféré l’exercice de la compétence des mobilités aux collectivités locales. Cette nouvelle forme de gouvernance favoriserait une approche ascendante de la mobilité car elle est plus adaptée aux spécificités géographiques et socio-économiques dans ces écosystèmes territoriaux.
Ainsi, les questions de la coordination et de l'échelle d'action sont des enjeux majeurs. D’une part, la coordination est essentielle pour garantir une gestion efficace et durable des services de mobilité, et nécessite une collaboration étroite entre les différents niveaux d'administration et les parties prenantes concernées. D’autre part, les politiques et les mesures mises en place doivent être adaptées aux caractéristiques et aux besoins spécifiques de chaque territoire. Il importe de prendre en compte les particularités de chaque écosystème territorial et d'adapter les actions en conséquence.
Cette communication vise à analyser les enjeux de la coopération interterritoriale de la mobilité dans les territoires peu denses. A travers un projet empirique sur un territoire de communautés de communes ou d’agglomération, regroupant 240 communes situées en France, ces nouveaux acteurs et les différentes formes de coopération qu'ils développent seront examinés.
Les défis contemporains de gouvernance qui affligent les États-nations, dont les crises sanitaire et climatique, requièrent des gouvernements qu’ils interviennent rapidement et efficacement sur leur territoire, afin d’éviter d’irrémédiables catastrophes humaines, économiques, sociales et écologiques. En plus d’interpeller l’ensemble des paliers de gouvernements et de nécessiter la participation de nombreuses parties prenantes et d’acteurs de la société civile, ces wicked problems (Bradford, 2005) surviennent alors que s’opèrent d’importantes transformations dans les politiques et les pratiques de gestion des États centraux et subnationaux.
Les conséquences attribuables aux pratiques du nouveau management public (NMP) ont amené certains gouvernements à adopter des stratégies d’adaptation ou de recalibrage de l’action publique (Levy, 2010). Si certains auteurs font état d’une véritable ère de réforme post-NMP, une récente analyse documentaire démontre que le concept serait possiblement en voie d’être institutionnalisé. Toutefois, deux conceptions du post-NMP prévalent : celle de l’État pilote de la nouvelle gouvernance publique, et celle de l’« État fort » (Reiter et Klenk, 2019). De nombreuses transformations globales et sectorielles sont donc en cours.
Cependant, la manière dont ces nouvelles politiques et pratiques de gestion favorisent la création d’innovations qui contribuent à surmonter les différentes crises contemporaines de gestion publique reste à déterminer et soulève plusieurs questions. Les innovations sociales et environnementales à travers les territoires sont-elles une réaffirmation de l’État? Au contraire, ces innovations ne témoignent-elles pas d’un évitement de l’État central? Comment l’adoption de certaines approches d’intervention innovantes ou le déploiement des nouveaux outils de gestion et de prise de décision peuvent-ils contribuer à surmonter ces défis ou, au contraire, peuvent-ils constituer une menace à la sauvegarde de l’intérêt public?
Titre du colloque :