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La COP15 et la responsabilisation des entreprises privées

LH

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Lynda Hubert Ta : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

La COP15, soit la 15e conférence des parties à la Convention des Nations unies sur la diversité biologique, s’est terminée en décembre dernier à Montréal. 23 objectifs en sont ressortis, aboutissant à l’adoption dite «historique» d’un cadre visant à protéger au moins 30 % des zones terrestres et marines d’ici 2030. Le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal guidera ainsi les efforts mondiaux en matière de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité pour les huit prochaines années. La COP15 a également donné lieu à une mobilisation sans précédent des entreprises. Pour la première fois dans une COP sur la biodiversité, de nombreux événements et espaces leur ont été dédiés avec une participation record. Les représentants d’entreprises présents se sont déclarés en faveur de l’adoption de la Cible 15 du cadre, reconnaissant de ce fait les limites des mécanismes volontaires et la nécessité de la régulation étatique pour résoudre la crise de la biodiversité. Nous explorerons dans cette présentation non seulement ce que le Cadre mondial issu de la COP15 représente pour les gouvernements du monde, mais également pour ces entreprises qui se disent prêtes à faire partie du changement.

Résumé du colloque

Avant la Convention sur la diversité biologique tenue en 1992 à Rio, les efforts de conservation déployés à l’international pour préserver les écosystèmes étaient principalement axés sur une approche de conservation stricte réalisée en terres publiques sur de larges superficies. La Convention a permis de souligner les limites d’une telle approche, notamment les difficultés à préserver la biodiversité en terres privées ainsi que les enjeux sociaux en résultant. Les pays engagés dans la Convention ont depuis revisité leurs objectifs et ajusté leurs actions continuellement, menant à la 15e Conférence des Parties (COP15) tenue en deux phases en 2022, à Kumming (Chine) et à Montréal (Canada).

Malgré l’engagement d’un grand nombre de pays, dont le Canada, en faveur de la Convention, la mise en place de mesures de conservation demeure difficile à l’échelle régionale pour diverses raisons. D’une part, les rapports entretenus avec la biodiversité par les divers acteurs concernés varient en fonction du contexte socioéconomique, biophysique et culturel. D’autre part, les connaissances, les perceptions, les intérêts personnels et collectifs influent, à leur façon, sur l’acceptabilité sociale et les succès des mesures de conservation. Cela entraîne des représentations sociales de la biodiversité très variées et parfois divergentes, et, par conséquent, un certain désengagement politique et civil à l’égard de celle-ci. Dans ce contexte, nous posons la question : comment redéfinir nos rapports à la biodiversité et la considérer dans les efforts d’aménagement du territoire ?

Nous proposons d’explorer cette question par la tenue d’un colloque qui permettra d’explorer le thème de la conservation de la biodiversité grâce à des connaissances théoriques et empiriques. De plus, il permettra de réunir des expertises complémentaires afin de présenter différentes perspectives sur les efforts de conservation de la biodiversité à différentes échelles territoriales. Grâce à une formule combinant des présentations de conférenciers, entrecoupées d’une activité de discussion en atelier, nous encouragerons les participants à approfondir leurs réflexions quant aux rapports qu’entretient la société avec la biodiversité. Ces discussions permettront de souligner le caractère intersectoriel de la conservation qui, en terres privées, passe forcément par un aménagement durable du territoire, tout en mettant en lumière comment la perception de la biodiversité influence nos façons d’appréhender la conservation. Avec un regard rivé sur la COP15, nous aborderons les notions de droit, de justice environnementale, de conservation de la nature, d’acceptabilité sociale et d’aménagement du territoire pour la protection de la biodiversité et l’atteinte des objectifs de développement durable des Nations Unies. Nous valoriserons ainsi la vulgarisation, l’intégration et le transfert de connaissances, notamment en encourageant l’ouverture au dialogue.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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