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Christine Liefooghe : Université de Lille
De nouveaux espaces de travail collaboratif (NETC) ont émergé depuis plus de dix ans dans les grandes villes du monde. Espaces de coworking, makerspaces et autres formes se créent désormais dans tous types de villes et même dans des territoires ruraux. Dans le cadre du projet de recherche Péri#Work (ANR), la dynamique spatiale des NETC vers les territoires non-métropolitains a été analysée dans trois régions françaises : la Bretagne, la Nouvelle Aquitaine et les Hauts-de-France. En suivant les travaux de T. Hägerstrand, le parti-pris théorique est de considérer la création des NETC comme le fruit de la diffusion spatiale d’une innovation, en l’occurrence le NETC comme innovation organisationnelle (le travail collaboratif dans des espaces partagés) déployée par vagues depuis les plus grandes métropoles. L’objectif de la communication est d’explorer les atouts et les limites de cette approche. En France, un inventaire national des tiers-lieux (dont les NETC) suggère un mouvement de desserrement spatial hiérarchique. Une analyse qualitative auprès de 36 NETC (66 fondateurs ou usagers) a permis d’appréhender les vecteurs et canaux de cette diffusion spatiale. Si les modalités de diffusion varient selon la structure démographique et économique des trois régions étudiées, le rôle pionnier des acteurs privés et la diversité des canaux de diffusion du coworking sont primordiaux, contrairement au rôle des politiques publiques, même dans des territoires fragiles loin des métropoles.
Les tiers-lieux se sont beaucoup multipliés au cours des dernières décennies, tant au Québec qu’au Canada et à l’échelle internationale. Dans nombre de pays industrialisés de longue date, mais aussi dans des pays émergents, notamment en Asie du Sud-Est, le coworking serait devenu, depuis ces dix dernières années, un nouveau mode d’organisation du travail basé sur un espace de travail partagé, mis en place dans le but de favoriser les échanges et l’émulation créative entre les coworkers, et ce, afin d’alimenter l’innovation. Le coworking s’est relancé depuis la pandémie, mais les autres tiers-lieux se sont aussi développés. Dans ce colloque, nous nous intéresserons surtout aux espaces de coworking. Les espaces de coworking sont apparus vers le milieu des années 2000, à San Francisco dans le contexte de la Silicon Valley, du logiciel libre et du Web 2.0. Le coworking renvoie à un type d’espace et d’organisation du travail particulier : il désigne à la fois le partage d’un espace de travail collectif (bien que les bureaux fermés et personnels se multiplient dans ces espaces récemment), mais aussi une forme de mise en réseau de travailleurs au sein du même espace favorisant l’échange, la collaboration, le réseautage dans un espace de travail donné (Fabbri, 2015). Le coworking s’inscrit dans le contexte plus large de l’émergence des « tiers-lieux » (Oldenburg, 1999; Scaillerez et Tremblay, 2016), soit des lieux qui se situent entre le lieu de résidence et le lieu de travail traditionnel.
Ce colloque réunira des communications visant à analyser le phénomène de coworking dans divers contextes, soit différents pays, des espaces urbains, périurbains et ruraux, etc. Les communications traiteront de divers aspects : les caractéristiques des espaces de coworking et des coworkers, les échanges et le réseautage dans les espaces; les comparaisons internationales entre les espaces européens et nord-américains notamment; l’apport des espaces à l’économie locale et urbaine; des analyses de cas, des analyses théoriques sur le coworking, le réseautage, la collaboration et l’innovation.
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