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Claire Moreau : Université de Sherbrooke
Les milieux d’enseignement postsecondaire font face à la présence grandissante d’apprenants et d’apprenantes ne s’inscrivant pas dans les trajectoires scolaires traditionnellement attendues. Changement désiré ou forcé d’orientation professionnelle et raccrochage scolaire amènent des personnes à s’engager dans un projet d’études qui redéfinit la population apprenante (Mazarte-Fricot, 2020; Paquelin, 2020). Apprenants et apprenantes aux caractéristiques les contraignant à étudier à temps partiel pour concilier leurs obligations professionnelles et familiales, elles ont un rapport non traditionnel avec les études (Babb, Rufino et Johnson, 2021). En milieu collégial, celui-ci s’inscrit dans un retour aux études en programme technique auprès de pairs plus jeunes et dans un rapport au savoir distinct (Beaucher, 2020). (Souvent) Oubliée des recherches sur la diversité apprenante, une recherche qualitative sur les parcours et l’expérience d’apprenants et d’apprenantes au rapport non traditionnel avec les études en milieu collégial a donné la parole à 21 personnes dans le cadre d’une entrevue de type récit de vie (Bertaux, 2016). Les résultats offrent un riche portrait des cheminements scolaires et de vie d’apprenants et d’apprenantes, des liens sont tissés entre vie scolaire, familiale et professionnelle, et les moments déclencheurs de changements profonds sont identifiés. Enfin, des pistes d’action émergent pour outiller les milieux et soutenir ces apprenants et apprenantes.
Les populations étudiantes des collèges et des universités se sont diversifiées considérablement dans les dernières décennies, exigeant de repenser et de revoir les manières de les inclure (El-Hage, 2020). Malgré des avancées importantes en matière d’accessibilité à l’enseignement supérieur, tous et toutes n’ont pas les mêmes chances de réussir et de diplômer de leur programme d’études (Bélec et Doutreloux, 2022). Les circonstances de la pandémie de COVID-19 ont également mis en évidence des inégalités dans les conditions de réussite (Luster et al., 2021).
La population étudiante – qu’elle soit issue de la diversité sexuelle et de genre ou de la diversité ethnoculturelle, de première génération à fréquenter un établissement d’enseignement supérieur, en situation de handicap, etc. – vit des réalités hétérogènes et possède ainsi des besoins différents en matière de soutien à la réussite. En ce sens, les concepts d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) sont au carrefour de la réussite étudiante et des enjeux actuels d’accès et de persévérance en enseignement supérieur.
Afin qu’un maximum d’étudiantes et d’étudiants accèdent aux collèges et aux universités, y persévèrent et en diplôment, les établissements d’enseignement supérieur doivent se préoccuper des différents obstacles qui jalonnent leurs parcours, et tenir compte des dynamiques de reconnaissance et de la valorisation de l’unicité de chaque personne étudiante. Les collèges et les universités sont de plus en plus appelés à s’éloigner de la conception d’un « étudiant-type » et d’un parcours standard à emprunter pour réussir un projet de formation (Conseil supérieur de l’éducation, 2022). Ils sont amenés à reconnaître que les différents parcours étudiants peuvent constituer des réussites même s’ils dévient du cheminement linéaire traditionnel. Une vision englobante de la réussite permet d’envisager une diversité de parcours d’études possibles (ibid.).
Le colloque de l’Observatoire sur la réussite en enseignement supérieur (ORES) souhaite donc contribuer à l’avancement des connaissances par la diffusion et le partage de données scientifiques et par la discussion sur la thématique de la réussite étudiante en enseignement supérieur au carrefour des concepts d’équité, de diversité et d’inclusion.
La thématique du colloque fera d’ailleurs l’objet d’un dossier thématique de l’ORES à paraître à l’hiver 2023.
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Thème du colloque :