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Dave Bergeron : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Le recours à l’art constitue un apport important et complémentaire à ce qui se fait déjà dans les milieux de soins et communautaires. Les intervenantes font de plus en plus face à des problématiques complexes qui les confrontent à leurs limites et qui nécessitent d’autres types de collaborations, de façons de voir et de faire. La participation à des activités artistiques collectives peut s’avérer pertinente et contribuer à ce que les personnes en perte de pouvoir, exclues ou marginalisées, développent une plus grande capacité d’agir en intégrant ou en réintégrant l’espace social.
L’intégration d’expériences de création collective nous apparaît comme une voie prometteuse pour travailler en partenariat avec les communautés autochtones et faciliter l’intégration des savoirs traditionnels ancestraux liés à la santé.
Pour ce faire, nous avons mis en œuvre un modèle intégré de transfert et d'échange de connaissances basé sur les arts et la communauté (TECAC) dans deux communautés autochtones rurales Quechua de la région de Cusco au Pérou. Ce modèle utilise les arts pour guider les échanges et permettre l’identification des savoirs traditionnels ancestraux pouvant être mobilisés dans une intervention de santé.
Bien que l’utilisation des arts en prévention et promotion en santé favorise la participation des communautés et la diversité des perspectives, il convient de se questionner sur les modes d’intégration des approches artistiques dans les méthodes de recherche en santé autochtone.
Les débats publics autour de la santé des populations et de l’organisation des services tendent à mettre de l’avant le point de vue des milieux urbains, au détriment des zones rurales ou éloignées des grands centres. Peu importe le milieu, les voix de certaines personnes et de certains groupes restent sous-représentées. L’iniquité dans la représentation s’observe dans les médias, dans les décisions politiques aux différents paliers de gouvernement, mais aussi en recherche.
Le choix de documenter et d’amplifier certaines voix plutôt que d’autres n’est pas neutre et a des conséquences concrètes sur la santé des personnes et des collectivités vivant en région. Le concept d’injustice épistémique peut nous aider à appréhender ces défis de reconnaissance et de représentation (Fricker, 2017; Godrie et Dos Santos, 2017). De telles situations d’injustice peuvent être repérées à la fois dans les interactions à petite échelle, par exemple entre un professionnel de la santé et une personne qui tente d’obtenir des soins en région semi-urbaine, rurale ou éloignée, mais aussi plus largement, lorsque le vécu des groupes est invisibilisé ou invalidé à cause des préjugés dont ces groupes sont victimes.
Différentes approches de recherche tentent d’entendre et de (rap)porter la voix des personnes et des groupes sous-représentés, notamment celles et ceux vivant en région semi-urbaine, rurale ou éloignée. Les projets menés dans des perspectives participative, partenariale ou narrative, par exemple, tendent à mettre en lumière les préoccupations et les discours des personnes peu entendues, voire exclues ou marginalisées, tant par leur positionnement social qu’en ce qui concerne la géographie, notamment le long du clivage urbain/rural.
Il est ainsi pertinent d’examiner les orientations de recherche et les choix éthiques et méthodologiques qui sont faits par les acteurs et actrices de la recherche en ce qui a trait à la voix des personnes directement concernées par les enjeux à l’étude.
Le colloque « Entendre la voix des personnes sur la santé en région » vise à mieux comprendre les enjeux de la recherche qui portent sur la santé en région au prisme du vécu des personnes et des collectivités directement concernées. Les contributions peuvent aborder, par exemple :
Titre du colloque :
Thème du colloque :