Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Raymond Nolin : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
La pensée mathématique des enfants se développe, dès le plus jeune âge, de façon naturelle à travers des activités de la vie quotidienne et sans un enseignement explicite (Biron et al., 2012). C’est principalement à travers le jeu et les activités spontanées que les enfants développent leur intérêt envers la mathématique, qu’ils éprouvent du plaisir à se questionner devant les problèmes mathématiques rencontrés, qu’ils inventent des solutions et qu’ils jouent avec les mathématiques (Fisher et al., 2012). Des recherches, dont celle de Duncan et al. (2007), ont démontré que les habiletés en mathématiques sont des prédicteurs puissants de la réussite scolaire ultérieure des enfants, beaucoup plus que la connaissance de lettres et les compétences précoces en lecture et en écriture. Pourtant, les résultats d’autres recherches indiquent que les enseignants se sentiraient plus à l’aise d’intervenir en ce qui concerne la lecture, l’écriture et les compétences linguistiques qu’en ce qui a trait au développement de la pensée mathématique (Copley, 2004). Ce constat nous a mené à nous intéresser à la façon dont les enseignants de l’éducation préscolaire 4 et 5 ans conçoivent la pensée mathématique et à la façon dont les enfants développent cette dernière. Ainsi, lors de cette communication, nous présenterons les résultats d’une recherche exploratoire dans laquelle nous avons mené des entrevues semi-dirigées auprès de neuf enseignants québécois de l’éducation préscolaire 4 et 5 ans.
Les expériences et les apprentissages vécus au préscolaire jouent un rôle fondamental dans le développement de l’enfant (MEES, 2017), notamment pour les domaines langagier et cognitif (MEQ, 2021). En ce qui concerne le domaine langagier, l’acquisition du langage oral de l’enfant est au cœur du développement de son langage écrit et concourt à sa réussite éducative ultérieure (Desrosiers et Tétreault, 2012). De surcroît, la portée de ses expériences et de ses apprentissages vécus au préscolaire influencerait également le domaine cognitif, dont celui de la mathématique, et s’étendrait même au-delà de sa réussite éducative (CSE, 2012) puisqu’ils favorisent l’insertion sociale et l’atteinte d’un bien-être socioaffectif et économique (OCDE, 2015). Cela dit, certaines approches priorisées peuvent favoriser l’éveil, l’apprentissage et le développement du langage oral et écrit de l’enfant (Dupin de Saint-André, 2011; Marinova et Drainville, 2019) ainsi que celui de la pensée mathématique (Marinova, 2016; Andwandter et al., 2022). Or, le défi réside dans le choix des approches à privilégier et des formes de soutien que l’adulte peut offrir à l’enfant. Il importe de poser un regard sur celles-ci afin de déterminer quelles sont les interventions de soutien qui favorisent l’apprentissage de l’enfant (Boily et al., 2020; Parent et Bouchard, 2020) tant sur le plan du langage oral et écrit (Nolin, 2013; Benjamin, 2016) que celui de la pensée mathématique (Boily et Deshaies, 2021; Deshaies et Boily, 2021; Sheridan, 2001). Ainsi, le colloque vise à mettre à jour les connaissances scientifiques à propos des approches à privilégier et du soutien à offrir de la part de l’adulte envers l’enfant, et ce, pour les domaines langagier et cognitif tout en promouvant l’un des objectifs mondiaux de développement durable, soit « une éducation équitable, inclusive et de qualité assurant à tous des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie » (UNESCO, 2016, p. 29).
Titre du colloque :
Thème du colloque :