pen icon Colloque
quote

La place des émotions dans le processus d’éthique clinique : l’écoute de soi comme préalable à l’écoute de l’autre

CM

Membre a labase

César Meuris : Hers

Résumé de la communication

Nous soutenons qu’une posture réflexive vis-à-vis de soi-même est un préalable à la pratique de l’éthique, et donc une compétence/disposition nécessaire au bon déploiement de son processus, à la qualité de ce dernier. En effet, pour se mettre pleinement au service de la situation éthiquement difficile à travailler, et que ce soit bien celle-ci qui soit l’objet de notre attention, il s’agit selon nous de d’abord veiller à observer ce qu’elle produit en nous, ce qu’elle convoque, en vue de pouvoir entretenir un rapport actif avec notre propre vécu subjectif, d’identifier celui-ci, et de faire en sorte qu’il ne déteigne pas ou le moins possible sur le développement de la réflexion autour du cas clinique. Ceci permet que l’espace de délibération collectif autour de la situation travaillée ne devienne indirectement ou subrepticement le lieu où viennent s’interpeller et se démêler nos propres affects, combats personnels ou autres projections, de manière conscientisée ou non.

Résumé du colloque

L’éthique clinique fait l’objet d’une professionnalisation croissante en Amérique du Nord, en Europe et ailleurs. L’objectif de l’éthique clinique étant l’identification, l’analyse et la résolution des dilemmes et des conflits éthiques dans le cadre des soins de santé, des compétences spécifiques pour les éthiciens et des critères pour les évaluer sont fortement nécessaires (Picozzi et al., 2018). De nombreux efforts ont été déployés par des éthiciens cliniques et des chercheurs américains (en particulier l’American Society for Bioethics and Humanities) pour définir les connaissances et les compétences de base nécessaires en matière de formation et de qualité auxquelles les personnes devraient satisfaire pour pouvoir exercer en tant qu’éthiciens. Les expériences américaine et allemande de processus de certification des éthiciens sont des exemples qui encourageraient sa mise en œuvre au Québec. La certification consiste en la création d’un système standardisé visant à assurer (et à mesurer) des compétences adaptées, des habiletés et des expériences professionnelles précises — propres à la pratique de l’éthique clinique en milieu de soin. Une certification tiendrait compte notamment des incidences des consultations en éthique clinique (CEC) sur la santé des patients (Kodish et al., 2013). Elle répondrait également à un besoin de reconnaissance institutionnelle de la CEC en tant qu’outil associé à une véritable profession, celle d’éthicien clinique. La montée des demandes de CEC et l’engagement récent des éthiciens dans la gestion de la pandémie de COVID-19 au Québec pousse à s’interroger sur les méthodes de mesure de la qualité de ces services (Leslie et al., 2016).

Notre colloque propose d’explorer les questions suivantes : la certification est-elle un besoin ressenti par les éthiciens au Québec ? Comment devrait-elle se concrétiser ? Quels sont les arguments en faveur ou en défaveur d’une certification ? Peut-elle être garante de la qualité des éthiciens et de la CEC ?

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :