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La précarisation de l’éducation

RP

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Ricardo Peñafiel : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Le néolibéralisme, en tant que remise en question de l’intervention étatique dans le social et le politique, s’est attaqué à l’éducation dès le début des années 1980. C’est qu’avec la crise économique et des dettes souveraines de 1982 que cette idéologie est devenue « réalité », s’incarnant dans des réformes et décisions politiques qui firent en sorte que l’éducation publique se comporte comme une entreprise. Appliquant la stratégie consistant à « affamer la bête » afin de lui faire avaler n’importe quoi, les pouvoirs publics compriment les budgets de l’éducation publique pour ainsi faciliter sa prise en charge (ou plutôt sa dépossession) par le privé.

Les personnes chargées de cours, et d’autres figures de l’enseignement précarisé, sont parmi les premières touchées par les coupures. En tant qu’armée de réserve, elles sont sollicitées lors de moments d’expansion, puis éliminées du système lors de contractions. Les réinvestissements austéritaires, dans la technologie ou l’enseignement à distance par exemple, tendent à précariser davantage ce corps d’emploi. Toutefois, c’est l’ensemble de l’éducation qui se voit précarisé par cette dépossession.

En s’appuyant sur les travaux du Comité école et société de la FNEEQ-CSN, cette communication entend analyser les multiples facettes de cette précarisation généralisée de l’éducation pour réfléchir aux convergences possibles entre différents acteurs de l’éducation (Professeur-e-s; chargé-e-s de cours; employé-e-s; étudiant-e-s...).

Résumé du colloque

En 1994, dans le cadre d’un colloque intitulé La précarité dans l’enseignement, organisé par la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ), le sociologue Claude Lessard, doyen de la Faculté des sciences de l’éducation à l’Université de Montréal, proposait de « civiliser la précarité ». Qu’en est-il trois décennies plus tard ? Au niveau universitaire, selon les participants au colloque du congrès de l’Acfas 2021, intitulé Les enseignantes et enseignants contractuels au sein des universités du 21e siècle, la précarité aurait plutôt été systématisée que civilisée tel que l’entendait Claude Lessard. C’est l’évolution et l’intégration de cette précarité, non seulement à l’université mais dans tous les milieux de l’éducation, que nous proposons ici d’explorer.

La réalité des précaires a des répercussions autant sur les modalités de l’enseignement, le sentiment d’appartenance au milieu de travail que sur la qualité de vie de ces enseignantes et enseignants précaires. On peut conséquemment se demander quels sont les effets de la précarité sur les milieux d’enseignement et la société. Comment l’évolution des institutions met en relief et définit la précarité ? Comment les précaires se perçoivent, agissent et construisent leurs solidarités ? Comment l’arrivée des technologies dans l’enseignement modifie (ou non) cette précarité et ses répercussions ?

Ce colloque cherche à mieux comprendre les enjeux de précarité dans les milieux de l’enseignement; il vise à créer un espace d’échange entre les acteurs des différents milieux ainsi qu’à examiner les conditions et manières de l’agir. Il réunira délibérément des témoins et représentantes, représentants, ainsi que des spécialistes des diverses disciplines pertinentes. Ce colloque cherche à construire des savoirs et pratiques permettant de transformer le secteur de l’éducation dans l’intérêt commun, celui de ses travailleuses, travailleurs, élèves, étudiantes et étudiants, ainsi que des communautés qui les entourent.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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