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Kamel Khiari : Université Sainte-Anne
Le recensement de la population de 2021 a dénombré 450 origines ethniques et culturelles au Canada. Selon, par ailleurs, les projections démographiques de Statistique Canada, le nombre de personnes nées à l’étranger représentera d’ici 2031 plus du quart de la population canadienne. Face à cette diversité de plus en plus croissante, le Canada a opté, dès les années 1970, pour le multiculturalisme, politique visant à valoriser la diversité culturelle, et notamment linguistique. Partie à plusieurs conventions internationales prônant le respect de la diversité culturelle, le Canada ne manqua pas, dans ses lois linguistiques, de mentionner, bien que d’une manière assez vague, la nécessité de valoriser les langues minoritaires. En 1991 est finalement adoptée une loi très précise sur les moyens à mettre en œuvre pour développer l’usage des langues minoritaires : la Loi sur l’Institut canadien des langues patrimoniales. Cependant, celle-ci n’est toujours pas entrée en vigueur.
Cette communication démontre le décalage entre le discours politico-juridique officiel sur les langues minoritaires non officielles et la réalité de la place occupée par celles-ci au Canada. Bien qu’aussi bien dans son approche que de sa méthodologie, cette recherche est de nature juridique, sa présentation se fera dans un langage accessible aux non-juristes.
Ce colloque aborde les politiques d’immigration du Québec dans une perspective comparée par l’angle du décalage. Nous observons en effet des décalages importants dans ce domaine entre discours politiques et médiatiques sur l’immigration, et les réalités matérielles du terrain, et ce, en ce qui touche autant l’orientation des politiques, la mise en œuvre des systèmes, les besoins et trajectoires des immigrants, que les perceptions locales et agrégées.
Ce colloque fera dialoguer des analyses empiriques qui porteront sur les différentes facettes de ce décalage au Québec dans une perspective comparée. Il traitera du rôle des citoyens, des mouvements sociaux, des partis politiques, des médias, des fonctionnaires dans le décalage entre discours politique de l’immigration et réalités de terrain. Nous mettrons ainsi en évidence des similarités et différences dans la façon dont ce décalage est conçu et se constitue au Québec et ailleurs. Il présentera comment les acteurs communautaires vivent ce décalage et explorera son incidence sur les immigrants eux-mêmes. Le colloque permettra aussi de réfléchir aux conséquences à long terme de ce décalage en plus de discuter d’intervention permettant de mieux aligner ces réalités, et ce, au Québec et ailleurs.
Titre du colloque :