Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Sofia Skromne Carrasco : Université McGill
Pour la plupart d’entre nous, se rendre de notre domicile n’est pas un défi en soi. Cette capacité nous semble si naturelle que l’idée de la perdre parait terrifiante. Chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, la perte de l’orientation spatiale, même dans un environnement familier, est l’un des premiers symptômes qui apparaît. Pour mieux comprendre la désorientation dans la maladie d’Alzheimer, nous étudions la mémoire spatiale en enregistrant l’activité cérébrale de souris se déplaçant dans plusieurs environnements.
Pour mesurer cette activité cérébrale dans la durée de la région du cerveau impliquée dans l’orientation spatiale, nous utilisons des microscopes miniaturisés (« Miniscopes ») qui permettent d’enregistrer jours après jours l’activité des mêmes neurones. Nous utilisons ensuite des méthodes d’apprentissage machine pour traiter l’immense quantité de données collectées. Cela nous permet d’étudier la représentation de l’espace au niveau neuronal et sa stabilité à long terme.
Deux niveaux de stabilité sont déterminés: 1) la relation entre l’activité de deux neurones ne depend pas de l’environnement exploré. La représentation de l’espace est donc rigide. 2) les neurones préservent leur orientation relative à l’environnement pendant au moins un mois, ce qui suggère que une grande stabilité dans le temps des mémoires spatiales. Ainsi, ne vous étonnez pas de reconnaître rapidement le trajet de l’école: vous n’oublierez jamais où est le magasin de bonbons.
Comprendre le cerveau et s’occuper des maladies qui en relèvent représentent un défi de société. Le 21e siècle a été désigné le siècle du cerveau. Au cours de sa vie, un Canadien sur trois sera touché par une maladie, un trouble ou une blessure du cerveau ou du système nerveux.
Le coût total des troubles neurologiques et de santé mentale auquel s’ajoutent les coûts directs de la toxicomanie représente pour l’économie canadienne cent vingt milliards de dollars par an.
La compréhension du cerveau et des environnements dans lesquels il baigne est donc nécessaire pour mieux appréhender les maladies, les prévenir et les traiter. Les travaux en neurosciences et en santé mentale en vase clos ne sont plus suffisants pour comprendre la complexité des troubles neurologiques et psychopathologiques. Des collaborations en neurosciences et en santé mentale sont désormais nécessaires pour avoir une vision d’ensemble, en portant autant sur la phase clinique que sur l’étude et la prise en compte du changement des habitudes, des valeurs sociétales, de la technologie.
Ce colloque organisé par SENSUM (Stratégie en neurosciences et santé mentale de l’Université de Montréal) a donc pour objectif de démontrer que des collaborations interdisciplinaires en neurosciences et en santé mentale sont désormais nécessaires pour avoir une vision d’ensemble. Ce colloque permet un échange entre des conférenciers affiliés à des facultés, à des départements, à des groupes et à des centres de recherche dont les travaux interviennent dans des secteurs et des thématiques de recherche ou de clinique très différents les uns des autres.
Autour de quatre sujets en lien avec la thématique générale : 1) mieux comprendre le développement du cerveau; 2) l’addiction; 3) la cognition et le vieillissement; 4) la solution mathématique et l’IA aux neurosciences et santé mentale, les conférenciers tentent d’apporter des pistes de réflexion sur une meilleure compréhension du cerveau, particulièrement sur le développement du cerveau au fil des âges, tout au long du cycle de vie de l’individu. Ils soulignent les facteurs génétiques, culturels, sociaux et environnementaux qui interagissent et accélèrent les changements du cerveau au cours de la vie.
Titre du colloque :
Thème du colloque :